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Bilan neurologique - de l'anamnèse au bilan mnésique - Coggle Diagram
Bilan neurologique - de l'anamnèse au bilan mnésique
L'entretien clinique
Préambule indispensable à toute passation : établit une relation, apporte des informations utiles
Objectifs : signifier le contexte, mesurer le handicap et les moyens compensatoires, recueillir l'anamnèse, évaluer le contexte thymique, écouter la plainte
Permet d'apprécier les attentes du patient, le jugement critique (anosognosie, anosodiaphorie), la faisabilité de la passation, l'existence de perturbations (mnésiques, exécutives, phasiques, comportementales)
Recueil de la plainte en 2 temps : questions ouvertes, puis questions précises sur les éléments non abordés
Indispensable, jamais confondu avec un entretien à visée psychothérapeutique ; oriente la suite de l'examen, l'interprétation des résultats, le diagnostic et la rééducation
Le rapport neuropsychologique
Finalité et destinataires
Le rapport est la finalité de tout examen neuropsychologique ; rédaction aussi soignée que l'évaluation elle-même
Sert à informer le demandeur mais aussi toute personne concernée : médecins, médecins légistes, rééducateurs, assistants sociaux, famille, patient
Susceptible de figurer dans le dossier médical du patient ; peut servir à bâtir un plan de rééducation
Les propos et conclusions doivent s'appuyer sur des données objectives
Ce qu'il faut garder à l'esprit en rédigeant
S'assurer d'avoir correctement coté les résultats aux tests
Éviter le vocabulaire trop technique et le jargon professionnel
Adapter la longueur et le vocabulaire au(x) destinataire(s)
Inclure les données anamnestiques pertinentes
Décrire le comportement, l'état thymique et la coopération du patient lors de l'évaluation
Nommer et décrire si besoin la procédure des tests et les scores obtenus, en faisant apparaître les scores pathologiques
Considérer toutes les évidences lors de l'interprétation, pas seulement les résultats aux tests
Organisation du rapport
Il n'existe pas de rapport type : chaque évaluation donne lieu à un rapport spécifique, mais certaines informations de base sont toujours présentes
Introduction : identification du patient, origine de la demande, éléments anamnestiques pertinents (en précisant les sources), comportement du patient lors de l'entretien et de l'évaluation
Profil cognitif : élaboré à partir des résultats aux tests (regroupements pertinents), au regard des éléments anamnestiques et des observations complémentaires
Conclusion : synthèse des éléments fondamentaux de l'HDM, interprétations au regard des tests et des autres sources, fonctions préservées, formulation d'un diagnostic, conclusion en fonction de la demande
Recommandations motivées : PEC (quels processus, comment, quels objectifs, quel rythme), prochaine évaluation (bilan comparatif), mise en place d'un suivi psychothérapeutique
Psychométrie des fonctions mnésiques - intro
Un examen jamais isolé
L'investigation du fonctionnement mnésique s'inscrit dans un bilan cognitif plus large et nécessite un entretien clinique détaillé
La mémoire interagit fortement avec : l'émotion/l'état thymique (ex. impact de la dépression), les fonctions exécutives (organisation, logique, stratégies d'encodage/récupération), l'attention (« carburant » de la mémoire), le sommeil (consolidation)
Un bilan global permet d'évaluer les facteurs aggravants et de choisir les outils les mieux adaptés
Questions auxquelles l'examen doit répondre
Confirmer ou infirmer une perturbation mnésique
Préciser le(s) sous-système(s) de mémoire déficitaire(s) et ceux restés intacts
Spécifier si le tableau est complexe ou le déficit isolé ; déterminer la nature des troubles
Faire le lien avec d'autres difficultés pouvant retentir sur la mémoire (attention, fonctions exécutives) ou en majorer le déficit (fatigue, anxiété)
Ce que précise l'anamnèse spécifique à la mémoire
L'objectif de la demande, le début des difficultés, les circonstances d'apparition
L'évolution des difficultés (amplification, détérioration…)
Le retentissement dans la vie quotidienne et les stratégies de compensation mises en place
Les autres difficultés potentielles — pour orienter l'évaluation et le choix des tests
MCT, MDT et le modèle de Baddeley et Hitch
Mémoire à court terme (MCT)
Capacité limitée (7 ± 2), maintien de traces actives pendant une durée brève
Évaluée par des tâches d'empan mnésique (empan simple = rappel immédiat après présentation, ex. empan de chiffres de la WAIS)
Variables influençant la taille de l'empan
Type de matériel : empan de mots ≈ 5, de lettres ≈ 6, de chiffres ≈ 7 (Crannell & Parish, 1957)
Modalité de présentation : audition > vision (effet de modalité, Drewnowski & Murdock, 1980)
Temps d'articulation : mots courts > mots longs (Baddeley, Thompson & Buchanan, 1975)
Similarité phonologique : items différents > items similaires (Conrad, 1964)
Mémoire de travail (MDT)
Système dynamique de stockage ET de traitement simultané d'informations (ex. calcul mental)
Paradigme de Brown-Peterson : présentation → traitement (ex. compter à rebours) → rappel ; pas de répétition mentale possible pendant le traitement
Paradigme WAIS-IV : empan envers (répéter en ordre inverse) ; séquence lettres-chiffres (classer chiffres croissants puis lettres alphabétiques)
Le modèle de Baddeley et Hitch - 3 entités
Modèle à composantes multiples, le plus influent en neuropsychologie
Calepin visuo-spatial : système esclave, stockage temporaire des infos visuo-spatiales
Boucle phonologique : système esclave, stockage temporaire des infos verbales
Administrateur central : contrôleur attentionnel (inhibition, flexibilité)
Plus le traitement est complexe, plus il consomme de ressources, moins il en reste pour la rétention : il faut identifier quel système est déficitaire
La boucle phonologique en détail
Stockage temporaire de l'info verbale (auditive ou visuelle), déclin rapide ; 2 mécanismes : répétition subvocale et récapitulation articulatoire
2 composants : stock phonologique (passif, capacité limitée) et mécanisme de récapitulation articulatoire (maintien)
Effet de similarité phonologique : le rappel d'items phonologiquement similaires (roi, choix, bois, loi) est plus difficile que d'items dissimilaires (nid, ciel, sac, pain)
Effet de longueur des mots : le rappel de mots courts (Grèce, Suisse…) est meilleur que celui de mots longs (Turkménistan, Kazakhstan…) — lié au temps de récapitulation articulatoire
Effet de suppression articulatoire : répéter une syllabe (« BA BA BA ») pendant une tâche d'empan altère les performances, en occupant la récapitulation articulatoire et en supprimant les deux effets précédents
Le calepin visuo-spatial
Stocke à court terme les informations visuo-spatiales ; implique la génération et la manipulation d'images mentales (rotation mentale de Shepard & Metzler, parcours mental de Kosslyn)
Évalué classiquement par une tâche d'empan visuo-spatial : les blocs de Corsi (reproduire une séquence de pointage, dans le même ordre ou l'ordre inverse, nombre de blocs croissant)
L'administrateur central
Contrôle l'allocation des ressources attentionnelles, coordonne les systèmes esclaves, transfère les infos en MLT, prend des décisions
Chaque système esclave a ses propres ressources, limitées : un effet est plus délétère quand traitement et stockage sont de même nature
Permet la double tâche (ex. cocher des cases en répétant des chiffres), le changement de stratégies de récupération, la mise à jour (N-Back, PASAT), l'attention sélective/inhibition (Stroop), le switching (TMT B)
Le buffer épisodique (mise à jour du modèle, 2000)
Arguments du lien MDT-MLT : effet de supériorité des mots (mots > non-mots), effet de fréquence, effet de concrétude
Lieu de stockage temporaire d'informations multimodales, à échelle de temps plus longue que les systèmes esclaves, capacité limitée, sous le contrôle de l'administrateur central
Permet l'intégration d'infos venant de sources différentes (visuelles, auditives, verbales) et des systèmes esclaves/MLT en une représentation unique
Évalué par l'épreuve d'intégration (association lettre-emplacement-couleur) et l'épreuve d'empan multimodal (Quinette, 2013)