Please enable JavaScript.
Coggle requires JavaScript to display documents.
Intelligence artificielle en santé : - Coggle Diagram
Intelligence artificielle en santé :
Introduction :
Evolution historique :
La médecine augmentée n'est pas une idée récente.
Depuis des siècles, la médecine s'est transformée grâce à des innovations techniques : stétho, MO, radio
Ces outils ont progressivement augmenté les capacités sensorielles du médecin : mieux voir, mieux entendre, mieux sentir
Chaque révolution technique a modifié la pratique médicale : amélioration des performances, complexification technique, redéfinition du rôle du soignant.
L'intelligence artificielle comme tournant majeur :
Le 'big bang technologique" est celui de de l'IA.
L'IA ne se contente plus d'assister le médecin : elle analyse, propose, décide parfois.
Elle bouleverse la nature du soin, la formation médicale et le rapport à l'humain.
Les paradoxes de la technicisation :
Plus la médecine devient technique, plus elle risque de perdre sa dimension humaine.
Cette évolution entraine une déshumanisation et une désubjectivation : le patient devient un objet de données, non plus un sujet d'expérience.
Les champs d'application de l'IA en médecine :
Repérage et diagnostic :
L'IA intervient dans le repérage précoce de maladies et troubles (oncologie utilisée pour dépistage cancer du sein et détection des naevi à risque).
Initialement simple aide au repérage, ces systèmes tendent à devenir de véritables outils diagnostics.
Traitement :
En radio : utilisation d'un contouring précis de la tumeur, programmation des mvts des machines, optimiser les angles de tir et minimiser l'irradiation des tissus sains.
En psychiatrie : dvlpt d'IA conversationnelles thérapeutiques, capables de simuler une empathie computationnelle, utilisation d'avatars IA, programmes d'éducation thérapeutique personnalisés.
Pronostic :
L'IA révolutionne la médecine prédictive : intégration massive de biomarqueurs, mutations génétiques et facteurs cliniques; permet des modèles pronostiques complexes
Enjeu : passage d'une médecine réactive à une médecine anticipatrice et personnalisée.
L'intelligence artificielle comme nouvel acteur du soin :
L'IA : un simple outil ou un acteur autonome ?
Selon B.Latour, les technologies ne sont pas neutres; elles s'insèrent dans un réseau sociotechnique et transforment la pratique.
L'IA n'est pas un outil inerte. Elle influence la manière de penser, de percevoir, de questionner et de décider.
IA assistante de consultation :
Avantage : confort, rapidité, aide au raisonnement clinique
Inconvénient : dépendance technologique et perte de compétence diagnostique.
A chaque intégration d'une technologie, la relation humaine et la pratique du soin sont transformées.
L'IA et la transformation du geste médical :
La peur de la dépossession :
Crainte récurrente - Certains médecins perdent en dextérité, car l'IA exécute les gestes à leur place.
En imagerie, l'IA dépasse déjà parfois les capacités humaines.
Le sens social du geste P.Bourdieu :
Habitus professionnel = ensemble de comportements appris et intériorisés
Le geste médical a :
une fonction identitaire : symbole du savoir-faire
une fonction sociale : il incarne le rôle du médecin
une fonction rituelle : chaque consultation suit un code implicite
Ces gestes rassurent patients et soignants, et structurent la relation thérapeutique.
Nécessité de réinventer la formation :
OUI, pour la compréhension clinique, la redondance de sécurité, mais aussi la légitimité sociale du médecin.
Il faut former des médecins adaptés à la machine augmentée, capables de juger, superviser, et interpréter les décisions de l'IA.
L'IA et la redéfinition de l'expertise médicale :
Redistribution des compétences; l'IA est-elle en train de voler l'expertise médicale aux médecins ?
L'IA est un agent informationnel qui redistribue les responsabilité :
techniques et informationnelles : supériorité de la machine
morales et relationnelles : primauté du médecin
L'expertise médicale est ainsi partagée : l'IA calcule et le médecin interprète, arbitre et humanise.
Risques :
Perte d'autonomie du médecin au profit d'une gouvernance algorithmique
Nécessité de maintenir une responsabilité éthique humaine au cœur du soin
L'IA et la figure du médecin :
L'IA peut-elle être "plus humaine" ?
Selon Turkle, on parle d'anthropomorphisme empathique et d'empathie computationnelle :
L'IA donne l'illusion d'émotions
Elle simule la bienveillance et la patience
Risque de substitution relationnelle et de dépendance sociale : interaction fluide, permanente, sans jugement, appauvrissement des compétences sociales du patient, replié sur une relation artificielle
Peut-on parler de "relation de soin" ?
Selon A.Strauss, l'identité médicale se construit dans l'interaction humaine; le soin implique engagement, tension, altérité et pas seulement l'échange d'infos.
L'IA ne possède ni intention ni désir d'aider : elle répond, ele n'accompagne PAS.
Le corps médical reste un acteur social chargé par la société de penser et réguler la santé publique.
L'IA, solution ou illusion technologique ?
Cabines "Med Cab"
Solutionnisme technologique :
= Croire que la technologie peut résoudre les pb sociaux
L'IA soulage les symptômes mais ne soigne pas les causes.
L'IA ne remplacera pas les médecins mais les médecins se servant de l'IA remplaceront ceux qui ne s'en serviront pas !
L'IA et la désindividualisation du soin :
Gouvernance algorithmique :
Danger passage d'une médecine du sujet à une médecine de population, où l'individu devient une variable parmi d'autres.
Médecine narrative (selon R.Charon) :
On parle d'importance du récit clinique : relier les données objectives à l'histoire du patient.
La médecine fondée sur les preuves (EBM), bien que scientifique, est réductrice si elle oublie la subjectivité du vécu.
Le récit clinique est pris dans l'histoire globale du patient. Il faut être capable de replacer les symptômes dans la globalité du patient.
Patient comme ensemble de données, comparaison à des normes statistiques, médecine fondée sur les preuves, objectivation => TROP REDUCTEUR !
Le rôle du médecin est d'accompagner le patient dans la mise en sens de son expérience subjective de la maladie.
L'IA et les enjeux éthiques et sociétaux :
L'IA est-elle juste et impartiale ?
Cathy O'Neil : les algorithmes amplifient les inégalités structurelles.
Enjeu majeur : transparence, équité, accountability (traçabilité et responsabilité)
Elle nous parle d'injustice algorithmique, un algorithme n'a pas d'intention propre.
L'IA peut-elle soigner ?
Le soin =disposition morale face à la vulnérabilité
L'IA ne soigne pas, mais assiste le soin :
allège la charge cognitive
libère du temps pour l'humain
améliore la qualité d'attention
Déshumanisation, désubjectivation et faillibilité :
Objectivation scientifique est nécessaire mais la désubjectivation efface le vécu, la singularité.
La déshumanisation dépend de l'usage de l'IA, non de sa nature.
L'erreur et la responsabilité :
Faillibilité humaine
L'erreur fait partie de la condition humaine
On ne peut pas rendre la machine infaillible
Mais une erreur algorithmique soulève : qui est responsable ? peut-on pardonner à une machine ?