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Les démocraties ont-elles toujours le pouvoir de décider du futur ? NON -…
Les démocraties ont-elles toujours le pouvoir de décider du futur ? NON
Les démocraties semblent aujourd'hui perdent leur capacité à orienter le futur face à la puissance croissante des "élites technologiques" et des logiques économiques (en lien avec la Silicon Valley)
Peter Thiel, Marc Andreessen ou encore Elon Musk défendent une vision du monde où la technologie devient la force centrale du progrès humain et où l'humanité se doit d'être dirigée par une élite technologique et visionnaire
Le manifeste techno-optimiste (Andreessen, 2023) illustre cela : il affirme que la technologie seule peut résoudre tous les problèmes en rejetant les discours sur l'éthique ou la régulation.
Ce type de discours traduit une sorte de déplacement du pouvoir du politique vers la sphère technologique puisque l'élite technologique parait plus légitime de gouverner en raison de sa vision long-terme et de sa connaissance sur la technologie
Des entrepreneurs comme Thiel ou Curtis Yarvin proposent même de sortir du cadre démocratique : en créant des villas flottantes, des États dirigés comme des entreprises par un "Roi-PDG
Modèle "Post-démocratique" fondé sur l'efficacité et la souveraineté technologique plutôt que sur la décision collective et la légitimité électorale (l'un des points cruciaux d'une démocratie)
Comment les démocraties peuvent décider du futur lorsqu'elles sont totalement dépendantes des grandes entreprises technologiques ?
De nombreuses entreprises comme Palantir sont omniprésentes dans les puissances militaires mais aussi institutionnelles des États démocratiques
Érosion de leur puissance face à une montée en puissance des firmes multinationales
Les "Big Tech", du fait de leurs transnationalité et de leurs puissance qui égale ou dépasse certains États, ne se sentent aujourd'hui plus soumise aux lois nationales
"Governments are beginning to realize that the tech sector’s outsize influence is a major problem" (Schaake,
How to Save Democracy from Silicon Valley
, p.10)
"As democratic governance long failed to impose guardrails on companies like Facebook, they had grown to believe that they operated above the law." (Schaake,
How to Save Democracy from Silicon Valley
, p.15)
Lobbying important au sein des États influençant les normes nationales ou transnationales
Pouvoir normatif dans les mains des Big Tech
La législation actuelle est trop lente, dépassé par la rapidité de l'innovation, et se retrouve inadaptée/obsolète face aux technologies actuelles
"The entire democratic world has
been too slow to build a democratic governance model for technologies" (Schaake,
How to Save Democracy from Silicon Valley
, p.16)
"Today’s policy processes are
running out of sync with the pace and scale of corporate operations." (Schaake,
How to Save Democracy from Silicon Valley
, p.13)
Afin d'aller plus loin
Selon Bourdieu : les élites imposent leurs visions du monde -> aujourd'hui, la vision du monde dominante est celle du techno-optimisme et du TESCREAL -> les élites prétendent penser le futur pour l'ensemble des Hommes (sans démocratie)
Création d'une fracture : la démocratie applique et ratifie des lois mais ce sont les élites technologiques qui inventent et modélisent l'avenir
Comment les États pourraient parvenir à limiter le pouvoir des entreprises technologies au sein de la politique ?
La démocratie régule mais ne dirige plus -> La politique devient gestionnaire alors que l'innovation avance sans réel contrôle. Les décisions ne sont plus prises collectivement mais de manière quasi-autonomes (contraire à la démocratie)
Selon Nick Land : la démocratie freine le changement alors que le capitalisme technocratique l'accélère (devant donc être favorisé)
Les Big Tech investissent chaque année 180 milliards de $ dans la recherche et développement contre seulement quelques milliards de $ pour les États
Innovations sont orientées de façon à assouvir les intérêts des Big Tech : orientation technologique hors du contrôle démocratique : population marginalisée des décisions