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L'annonce d'une mauvaise nouvelle : - Coggle Diagram
L'annonce d'une mauvaise nouvelle :
Introduction :
Peu de temps est consacré à l'apprentissage de l'annonce qui est pourtant une situation fréquente.
Lors de l'annonce d'une mauvaise nouvelle, il y a la mise en adéquation du patient, du soignant, de la maladie, et de la loi.
Une annonce "réussie" doit engager une prise en charge curative ou palliative. Il est important que la personne qui fasse l'annonce soit la même que celle qui va faire la prise en charge.
Les conditions d'annonce sont importantes.
Annonce=point de départ, et pas point final !
Le cadre légal :
Loi Kouchner de 2002 :
Code de santé publique "plan cancer" "Toute personne a accès à l'ensemble des infos concernant sa santé" "Les établissements de santé, publics ou privés, sont tenus de communiquer aux personnes recevant ou ayant reçu des soins, les infos médicales contenues dans leur dossier médical"
Code de déontologie médicale : "Le médecin doit à la personne qu'il examine, qu'il soigne, qu'il conseille une info loyale, claire et appropriée" " Un malade peut être tenu dans l'ignorance d'un diagnostic ou d'un pronostic grave, sauf dans le cas où l'affection dont il est atteint expose les tiers à un risque de contamination (SIDA)" => Cela correspond à la recherche du bon moment, de la bonne progression pour donner l'info. Si on estime que le patient n'est pas apte à recevoir l'info, ou que celle-ci ne peut pas être accueillie correctement, il est possible de retarder le moment de l'annonce. L'annonce ne doit pas tuer le patient avant la maladie !
Attention il n'est pas question de cacher quoi que ce soit au patient !
Contexte de l'annonce :
Le patient : Tous les patients sont différents, ainsi il est important d'essayer de les comprendre et de les connaitre. Savoir qui est son patient pour comprendre l'ampleur des conséquences que l'annonce va avoir. Le patient a une histoire, une place dans sa famille et dans la société.
Après l'annonce, ses projets seront remis en question, et tout devient plus incertain pour lui, il pense au pire. Il y a chez lui une perte du sentiment d'invulnérabilité qui lui permettait de repousser ses angoisses.
Le patient change de statut, il passe de "bien portant" à "malade". Il y a un bouleversement de l'image du corps qui permet l'identité.
=> Tout cela correspond à un ensemble de traumas qui vont survenir lors de l'annonce du diagnostic.
Le soignant : Il peut être confronté à sa propre histoire en voyant celle du patient. Il peut aussi y avoir une modification de l'annonce par les annonces antérieures.
Chez le patient il y a un risque d'assimilation du soignant à la maladie, ou à l'ensemble du corps médical.
On assiste à une modification du statut du soignant et à une perte de la toute puissance. Cela reste bouleversant pour le soignant.
L'annonce :
La préparation : Savoir qui est son patient psychiquement (comment ont été appréhendés les symptômes/quelles seront les réactions/degrés de compréhension).
Les patients ne sont pas tous les mêmes. Certains en connaissent bcp sur la maladie qui les touche et d'autres rien du tout.
Avant l'annonce, il faut essayer de mettre en place une relation humaine de qualité basée sur la confiance mutuelle.
L'annonce ne doit pas être une simple prestation mais doit être préparée et anticipée. C'est un tournant pour le patient qui s'en rappellera toute sa vie !
Il faut qu'elle soit faite par un médecin qui est physiquement et psychologiquement identifié par le patient.
Quand ? Quand les arguments cliniques et/ou paracliniques sont réunis : c'est à dire quand on a un diagnostic.
Parfois, il n'est pas possible de dépasser la notion de diagnostic possible ou probable : on n'a pas de diagnostic de certitude. Il faut alors restituer le problème dans un cadre étiopathogénique (donner des infos sur ce qu'a le patient).
Important de donner des infos concrètes.
Le matin car taux de cortisol plus bas que le soir.
En début de semaine afin de pouvoir être recontacté.
Pendant une consultation de 45min à 1h.
Où ? Le lieu choisi pour l'annonce devra dans la mesure du possible être suffisamment spacieux, clair et accueillant.
Le soignant devra avoir la certitude qu'il ne sera pas dérangé (tél éteint, télé éteinte, patient d'à coté sort).
Qui et à qui ? L'annonce sera faite par le soignant qui connait le patient et son dossier afin d'être à même de répondre aux questions.
Celui qui annonce doit connaitre la maladie, pour répondre aux questions et permettre une mise en confiance du patient.
En cas de maladie grave, un soignant "senior" pourra faire l'annonce. Il renvoie une image de maturité qui sera plus rassurante pour le patient.
Le diagnostic sera annoncé au patient lui même. S'il est d'accord, la présence d'un tiers sera préférable car il y a un risque de sidération.
Quelle attitude ? Se placer au même niveau que le patient, face à face, sans obstacle physique, regards à la même hauteur. Le soignant doit être détendu mais pas décontracté.
70% de la communication est non verbale.
On retrouve la notion d'espace péri personnel = bulle autour de nous.
Mvts du corps, gestes, regards pour illustrer sa disponibilité et son écoute.
Notion de présence à l'autre.
Anticiper la possibilité de pleurs : patient autorisé à pleurer.
Patient bien installé, si possible habillé pour les patients hospitalisés.
Respect de l'intimité.
Le patient ne doit pas se sentir humilié.
On s'adapte +++
Que dire ? Le soignant saura quoi dire en écoutant le patient.
La réponse du thérapeute doit s'ajuster "en direct" à la demande du patient et à son état psychique.
Expliquer étape par étape afin que le patient ait le temps de comprendre et que l'annonce ne le tue pas avant la maladie.
Utiliser des mots simples sans infantiliser le patient.
Discours abordables sans termes trop techniques.
Proscrire les formules dévalorisantes ou culpabilisantes.
Etre à l'écoute des paroles et des gestes du patient.
Encourager les questions.
Encourager l'expression des émotions.
A la fin de l'annonce, le patient doit pouvoir nommer sa maladie.
Objectif à court terme : projet et espoir réaliste.
=> Le moment est très intense pour le patient; l'annonce doit être menée le mieux possible avec tout l'intérêt qu'elle mérite.
Les défenses du patient : réactions normales, se mettent en place quand l'annonce est trop difficile à entendre.
Le déni : le patient refuse tout ou une partie du diagnostic ou minimise sa gravité.
Enfermé dans son déni, il n'entend pas et attend tjrs qu'on lui dise "vraiment" ce qu'il a. Pose pb et gène la prise en charge si ça dure trop lgtps.
Le déplacement : Confronté à son diagnostic, le patient concentre son attention autour du pb en lien avec ce diagnostic. Permet d'atténuer la souffrance.
La colère : Le patient s'engage dans une relation agressive avec les autres. Le soignant doit faire l'effort de comprendre qu'il n'est pas la cible réelle de cette colère.
La maîtrise : Le malade essaie de "contrôler" la maladie en colligeant les résultats d'examens, en étudiant les traitements, en recherchant de nouvelles avancées techniques.
La régression: Le patient est replié sur-lui même, il participe peu à la prise en charge de sa maladie et se met dans la situation d'un enfant porté par le soignant et/ou sa famille.
Cet état est en règle générale transitoire. Sinon faire rechercher une pathologie dépressive réactionnelle.
La lutte : Le malade engage un combat contre la maladie qui devient un ennemi à éliminer. Ce combat donne un nouveau sens à sa vie et diminue la peine ressentie.
Se méfier de ce type de patient, il a les mêmes angoisses que les autres !
Les défenses du soignant : lui permettent de faciliter l'épreuve.
Le mensonge ou la fausse réassurance : Il faut partir du principe que ça n'existe pas.
Ils préservent le soignant plus que le patient.
La demande de ce dernier n'est pas pris en compte et il ne peut pas appréhender sa maladie correctement car il en a une fausse représentation.
La banalisation : Pour limiter le vécu émotionnel du diagnostic, le soignant va minimiser l'importance de la maladie.
Le vécu du patient n'est pas respecté. La banalisation peut être involontaire mais aussi totalement inadaptée.
La rationalisation : Le diagnostic est présenté dans un jargon médical hermétique qui ne peut pas être compris par le patient.
La fuite en avant : Le soignant ne respecte pas les étapes de l'annonce et dit tout, tout de suite au patient. Il s'acquitte ainsi d'une tâche difficile en une seule fois.
Le contre-transfert : Le médecin s'identifie au patient, il s'y attache et il y est plus sensible et se met à sa place.
Il s'épuisera psychiquement et prend le risque de s'autodétruire. Il offre au patient de la compassion (souffrir avec) là où il devrait développer de l'empathie (comprendre la douleur sans la partager).
On perd la relation de patient soignant pour une relation plus amicale.