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Le Japon
→ I. L’État développeur et le modèle japonais
→ 1) Origines : Meiji, greffe occidentale et longue durée
→ Argument : de la fermeture Tokugawa à l’ouverture forcée (1853) → modernisation Meiji
→ Exemple : renégociation des traités inégaux ; victoire navale de Tsushima (1905) contre la Russie
→ Argument : « Wakon yōsai » (esprit japonais, technique occidentale) + alphabétisation précoce (2 sexes)
→ Exemple : mobilisation de la main-d’œuvre féminine ; transition démographique mieux contrôlée
→ Argument : holisme/clans → zaibatsu ; éthique (bushidō) réinvestie dans l’économie ; confucianisme (éducation/solidarité)
→ Exemple : Mitsubishi (du clan au zaibatsu) ; « kaisha » = intérêt collectif de l’entreprise
→ Argument : paradoxes spatiaux favorables
→ Exemple : éloignement = coûts de transport élevés jouant comme barrière naturelle (Bairoch, 1971)
→ Exemple : peu de ressources minières → évite la convoitise coloniale occidentale
→ Argument : « école néerlandaise » et greffe scientifique
→ Exemple : hydroélectricité adoptée tôt (brevets FR/US) ; copie/assimilation rapide des innovations récentes
→ Argument : structure socio-éco avancée avant Meiji (Braudel, 1977)
→ Exemple : bourgeoisie entrepreneuriale, marché intérieur, marché des capitaux → produits de qualité
→ 2) Rattrapage de « late-comer » (Gerschenkron) : articulation public/privé
→ Argument : État investisseur initial (infrastructures/énergie/crédit) puis retrait partiel après seuil de rentabilité
→ Exemple : 1re industrialisation rattrapée (textile/locomotives) ; innovation navale (1905)
→ Argument : cycle imitation → innovation
→ Exemple : entre-deux-guerres : imitation US (mécanique) ; aviation (avion Zero) ; fondation de Toyota
→ Argument : limites pré-1945 : exploitation paysanne et choix impérialiste
→ Exemple : Mandchourie, Asie du SE pour matières 1res ; Sonderweg (Meinecke) appliqué au Japon (Maruyama)
→ 3) 1945 : américanisation sélective et 4D incomplètes
→ Argument : démocratisation réelle mais inachevée politiquement
→ Exemple : nouvelle Constitution ; article pacifiste ; alternance limitée/corruption persistante
→ Argument : dénazification manquée au Japon ; mémoire contrariée
→ Exemple : procès de Tokyo incomplets (priorité à la guerre froide en Corée)
→ Argument : décartellisation incomplète
→ Exemple : zaibatsu dissous → keiretsu recréés ; conglomérats = piliers de résilience
→ Argument : ancrage géopolitique occidental
→ Exemple : 1947 GF ; 1949 RPC ; 1950 guerre de Corée ; 1951 traité de paix/alliance US-JP
→ 4) Haute croissance et apogée (1950s-1980s)
→ a) Appui américain (jusqu’au début 1970s)
→ Argument : réforme foncière et « Korean War boom »
→ Exemple : classe moyenne paysanne, épargne drainée par les banques → investissement public/privé
→ Argument : ouverture US + protectionnisme éducateur (List) + yen sous-évalué + plan Dodge (1949)
→ Exemple : 1965, 1er déficit US vis-à-vis du Japon
→ b) Le « modèle japonais » (années 1960-1980s)
→ Argument : performance prolongée de la croissance
→ Exemple : >10 % jusqu’en 1973 ; ≈5 % malgré les chocs pétroliers jusqu’en 1989 ; 1969 « troisième grand » ; Ohmae (1985) « Triade »
→ Argument : matrices intellectuelles
→ Exemple : Akamatsu (vol d’oies sauvages) ; Amable (2005, « 5 capitalismes », 5E de C. Chancel) ; Boyer (2015, pluralité asiatique)
→ Argument : néo-mercantilisme et corporatisme d’État (Johnson, 1982 ; MITI)
→ Exemple : commerce pensé « somme nulle » ; conquête des marchés ; MITI pilote
→ Argument : architecture keiretsu/banques-maison/sōgō shōsha + aides publiques conditionnées à l’export
→ Exemple : montée en gamme « textile→mécanique→électronique » ; concurrence interne stimulante
→ Argument : double compétitivité (prix + hors-prix)
→ Exemple : toyotisme (zéro défaut/délai/stock), cercles de qualité ; Aoki (1994) « firme J »
→ Argument : capitalisme
stakeholder
vs
shareholder
→ Exemple : emploi à vie, shuntō, progression à l’ancienneté vs flexibilisation financière ; revers : karōshi, pression sociale, mobilité imposée
→ Argument : marché du travail dual + DIPP régionale
→ Exemple : grandes firmes protégées vs PME sous-traitantes variables d’ajustement ; endaka → délocalisations régionales
→ Argument : variétés du capitalisme (Hall & Soskice, 2001) et spécificité japonaise
→ Exemple : CME (relations de long terme) → innovation incrémentale, mais aussi ruptures : toyotisme ; Walkman (Sony, 1979) ; QE ; nanotechnologies (N. Taniguchi, 1974)
→ Exemple : transistor inventé US (1947) → Sony (1955) 1re radio portable grand public (innovation de marché, Schumpeter)
→ Exemple : 2024 pérovskite solaire ; subvention ≈ 1,5 Md€ à Sekisui
→ 5) Crises, déflation et réponses (1971-années 2000)
→ Argument : 1971 « chocs Nixon » (fin Bretton-Woods + mesures protectionnistes) + rapprochement US-RPC
→ Exemple : 1973 choc pétrolier ; croissance JP >5 % grâce DIPP (coûts énergie compensés par coûts salariaux régionaux)
→ Argument : 1985 accords du Plaza →
endaka
(yen ≈ x2) = choc de compétitivité
→ Exemple : accélération DIPP (dragons, tigres, RPC) ; BoJ crédite → bulles boursière/immobilière/bancaire (fin 1980s)
→ Argument : 1989
Le Japon qui peut dire non
; 1990 krach du Nikkei → déflation par la dette (Irving Fisher) → « décennie perdue »
→ Exemple : 1997 crise asiatique (choc d’offre par régionalisation) ; 2000 krach dotcom (choc de demande US)
→ Argument : 2001 invention du
QE
(BoJ) ; mais consommation atone → stagnation séculaire
→ Exemple : MITI → METI ; Sony dirigé par un Américain ; 1999 Nissan sauvée par Renault → re-compétitive puis à nouveau fragilisée 2024-25 (protectionnisme US)
→ Exemple : Covid-19 : maîtrise sanitaire relative ; 2e plus grand plan de soutien PDEM ; expérimentation de « monnaie hélicoptère »
→ II. Puissance mondiale et régionale confrontée à des facteurs d’affaiblissement
→ f) Une puissance régionale (DIT → DIPP)
→ ARGUMENT 4 : Dépendance ambivalente à la Chine et réorganisation des risques
→ EXEMPLES :
→ USA = 1re destination des IDE émis par le Japon actuellement.
→ 2012 : Japon 1er investisseur en Chine → aujourd’hui 3e.
→ Crise des îles Senkaku → politique « 1+1 » : chaque IDE en RPC doublé dans un tigre (Thaïlande, Vietnam, Indonésie).
→ Tourisme : flux RPC/Corée du Sud (dépendance potentielle, boycotts possibles).
→ EXPLICATION : Commerce JP–RPC devenu intrabranche (électronique) ; sites de production en RPC exposés ; diversification « 1+1 » ; désengagement progressif.
→ ARGUMENT 3 : Concurrence issue de la DIPP mais résilience japonaise
→ EXEMPLES :
→ Sauvetage de Toshiba via un consortium des principaux keiretsu (éviter rachat étranger).
→ TSMC ouvre des usines au Japon (subventions publiques, main-d’œuvre formée).
→ Sharp rachetée par Foxconn (2016).
→ EXPLICATION : Montée de Taïwan/Corée ; réactions défensives/offensives des keiretsu ; politique d’attraction techno.
→ ARGUMENT 2 : Articulation régionale/mondiale imbriquée (et non exclusive)
→ EXEMPLES :
→ Années 1990–2000 : émergence d’un marché asiatique de consommation.
→ Années 1980–90 : IDE en USA/UE (implantations de proximité).
→ Phase 2 : DIPP en Asie → production régionale pour USA/Europe.
→ Phase 1 : production au Japon → export USA/Europe.
→ EXPLICATION : Production régionale alimente marchés asiatique et occidentaux ; IDE en US/UE pour servir ces marchés.
→ ARGUMENT 1 : Séquences d’IDE structurantes (des années 1950 à nos jours)
→ EXEMPLES :
→ Depuis 2010 : redéploiement vers tigres (Thaïlande, Vietnam, Indonésie) (tensions avec la RPC).
→ 1990–2000 : recentrage des IDE sur la Chine.
→ 1980 : IDE vers tigres (Thaïlande, Malaisie, Indonésie, Singapour) → industrialisation.
→ 1970 : DIPP → dragons (Corée du Sud, Taïwan) via IDE japonais.
→ 1950–60 : DIT (import pétrole/charbon/fer : Indonésie, Malaisie).
→ EXPLICATION : Passage DIT → DIPP ; dragons/tigres → Chine → redéploiement vers tigres (années 2010).
→ e) IDE et partenaires commerciaux
→ ARGUMENT 2 : Partenaires & dépendances commerciales
→ EXEMPLES :
→ 1984 : flux transpacifiques > transatlantiques (alors surtout nippo–US) ; aujourd’hui, flux RPC dominants.
→ DIT avec Australie (gaz/charbon/fer) et Moyen-Orient (hydrocarbures).
→ Chine = 1er partenaire total (X+M) ; autres : Corée du Sud, Taïwan.
→ USA = 1er client à l’export.
→ EXPLICATION : Client premier = USA ; partenaire total premier (X+M) = Chine ; forts flux asiatiques + DIT ressources.
→ ARGUMENT 1 : Paradoxe IDE (faible ex ante, forte projection ex post)
→ EXEMPLES :
→ Nombreux IDE aux USA (auto, électronique, batteries).
→ Nidec (2022) près de Metz avec Stellantis (batteries électriques).
→ Toyota Valenciennes (années 1990) : ≈ 4 000 emplois ; bassin à 25 % de chômage ; charnière Northern Range/dorsale européenne.
→ EXPLICATION : Attractivité limitée pour IDE entrants ; mais 2e investisseur mondial sortant la plupart des années.
→ d) Insertion spatiale et financière ambivalente
→ ARGUMENT 2 : Place financière & devise = puissance relative, pas hégémonique
→ EXEMPLES :
→ Yen ≈ 5e monnaie de transaction (≈ yuan).
→ Kabuto-chō : 1re bourse d’Asie jusqu’aux années 2010, souvent dépassée depuis.
→ EXPLICATION : Concurrencée par Shanghai ; yen devise régionale (stratégie de monnaie faible pro-export) incompatible avec statut de devise internationale.
→ ARGUMENT 1 : Mégalopole littorale (mer Intérieure) = colonne vertébrale
→ EXEMPLES :
→ Osaka ≈ 19 M ; « espaces sur-inclus » (Carroué) vs « Japon de l’envers » (mer du Japon, nord Honshu, Hokkaido).
→ Tokyo ≈ 37 M (ville alpha+, 1re par sièges sociaux/production) mais ≈ 45e port conteneurs.
→ EXPLICATION : Concentration démographique, productive, décisionnelle ; contrastes internes marqués.
→ c) Une économie bien insérée dans les flux mondiaux
→ ARGUMENT 4 : Solde sensible à l’énergie et ouverture modérée
→ EXEMPLES :
→ Taux d’ouverture ≈ 23 % ; marché ≈ 125 M d’habitants.
→ Léger déficit commercial depuis 2022.
→ EXPLICATION : Dépendance énergétique → déficits lors des chocs ; grand marché interne amortisseur.
→ ARGUMENT 3 : Faible puissance tertiaire relative (services)
→ EXEMPLES :
→ 10e rang mondial en échanges de services.
→ EXPLICATION : Héritage des années 1990 (moins de financiarisation), mais moindre exposition aux crises de Wall Street.
→ ARGUMENT 2 : Puissance des FTN japonaises
→ EXEMPLES :
→ ≈ 50 FTN de rang mondial (plus que Allemagne + France réunies).
→ EXPLICATION : Multinationales structurantes à l’échelle régionale et globale.
→ ARGUMENT 1 : Perte de part relative mais rang élevé en exportations
→ EXEMPLES :
→ 5e exportateur mondial (après Chine, USA, Allemagne, Pays-Bas).
→ Part des biens mondiaux : 8 % (2000) → 2,9 % (2024).
→ EXPLICATION : Parts en baisse avec l’essor des émergents, mais puissance commerciale maintenue.
→ b) Des problèmes structurels et conjoncturels
→ ARGUMENT 4 : Dette publique très élevée mais sans crise
→ EXEMPLES :
→ Comparaison : Thaïlande 1997 exposée aux sorties de capitaux étrangers, pas le Japon.
→ Dette ≈ 224 % du PIB ; BoJ augmente la base monétaire pour alléger le poids réel.
→ EXPLICATION : Dette détenue domestiquement, libellée en yen (monétisation BoJ), statut de 1er créancier mondial → confiance.
→ ARGUMENT 3 : Pressions régionales et chocs mondiaux
→ EXEMPLES :
→ Guerres commerciales US : 2017 puis 2025 → Japon « victime collatérale » (acier/auto).
→ Covid-19 ; choc inflationniste en Europe (demande UE ↓).
→ Projet Foxconn sur Renault (recomposition industrielle régionale).
→ 2023 : RPC devient 1er exportateur mondial d’automobiles → 2024 : difficultés de Nissan en Chine.
→ EXPLICATION : Concurrence chinoise, chocs sanitaires/financiers, protectionnisme américain.
→ ARGUMENT 2 : Abenomics (2012) = 3 flèches mais effets bridés
→ EXEMPLES :
→ Lecture Bouillon : combo flexibilisation + dépenses publiques → demande privée insuffisante.
→ EXPLICATION : Budgétaire (relance), monétaire (QE massif), réformes (flexibilisation). La flexibilisation accroît l’épargne de précaution et neutralise partiellement la relance.
→ ARGUMENT 1 : Stagnation séculaire (0–2 %/an depuis ~30 ans)
→ EXEMPLES :
→ Réfs : Alvin Hansen ; Gordon & Summers ; application JP par Blanchard & Tashiro (2019).
→ ICF ≈ 1,2 ; schéma « 4-2-1 ».
→ EXPLICATION : Vieillissement → productivité ↓ ; épargne de précaution ↑ → consommation atone ; salaires stagnants ; défiance envers l’immigration → allongement de la vie active + robotisation des services.
→ a) Une économie avancée et diversifiée
→ ARGUMENT 5 : Vulnérabilité externe via marché US et acier
→ EXEMPLES :
→ 2e exportateur mondial d’acier → fortement exposé aux mesures protectionnistes.
→ Tarifs US 2025 → impact attendu -0,2 à -0,5 % de PIB ; baisse de Toyota/Nikkei à l’annonce.
→ EXPLICATION : Dépendance à la demande américaine et exposition aux tarifs.
→ ARGUMENT 4 : Semi-conducteurs = maillons clés malgré recul en part
→ EXEMPLES :
→ Rapidus (co-entreprise incluant Sony, Toyota, etc.) + coopération IBM ; subventions ≈ 13 Md$ (souveraineté techno).
→ Entreprises clés : Kokusai (équipements).
→ ≈ 15 % de la production mondiale (≈ 40 % il y a 40 ans).
→ EXPLICATION : Spécialisation forte dans des segments critiques de la chaîne (équipements, matériaux).
→ ARGUMENT 3 : Automobile = pivot industriel/technologique
→ EXEMPLES :
→ Panasonic = acteur majeur des batteries (fournisseur Tesla) ; rebond des ventes d’hybrides depuis 2023 (hors RPC).
→ Leadership sur l’hybride ; pari hydrogène/ammoniaque ; retard relatif sur EV vs RPC.
→ Toyota = 1ère firme mécanique mondiale (ventes + actifs à l’étranger), marque premium Lexus.
→ EXPLICATION : Plateforme d’innovations (hybride, H2, ammoniaque) et ancrage mondial via FTN.
→ ARGUMENT 2 : Tissu industriel très diversifié (du textile aux deep tech)
→ EXEMPLES :
→ 3e mondial : construction navale, sidérurgie, mécanique.
→ Capacités maritimes : pays capable de poser des câbles sous-marins (avec USA, RPC, France).
→ Informatique & télécom : NEC.
→ Cosmétique : Shiseido.
→ Distribution/textile : Uniqlo, Muji.
→ EXPLICATION : Large spectre sectoriel qui amortit les chocs et nourrit la montée en gamme.
→ ARGUMENT 1 : Frontière technologique + double logique (régionalisatrice & mondialisatrice), mais écart croissant avec la Chine
→ EXEMPLES :
→ Robotisation : 3e ex aequo avec l’Allemagne.
→ Indice de complexité économique (ECI) : 1er depuis ~20 ans.
→ R&D ≈ 3,4 % du PIB (≈ 6e mondial) ; 3e mondial en brevets ; 2e pour brevets déposés à l’étranger.
→ EXPLICATION : Le Japon garde des positions de pointe (complexité productive, R&D, robotisation) mais la RPC progresse plus vite en volumes et en parts de marché.
"III/ Les relations du Japon avec ses partenaires asiatiques": {
"A/ Le poids croissant de la Chine (RPC)": {
"1. Évolution du commerce bilatéral": {
"Au départ": {
"Nature des échanges": "Commerce interbranche",
"Exemple": "Textile et jouets chinois ↔ électronique et machines-outils japonaises"
},
"Aujourd’hui": {
"Nature des échanges": "Commerce intrabranche",
"Exemple": "Échanges croisés de composants électroniques, pièces automobiles",
"Conséquence": "Intégration dans des chaînes de valeur communes en Asie de l’Est"
},
"Enjeu": "La Chine est devenue le premier partenaire commercial du Japon depuis 2007"
},
"2. Dépendance productive": {
"Implantation massive des FTN japonaises": {
"Exemple 1": "Toyota, Nissan, Honda implantés en Chine pour conquérir le marché local",
"Exemple 2": "Sony, Panasonic, Canon, Sharp → usines en RPC pour réduire coûts de production"
},
"Crise des îles Senkaku (2010-2012)": {
"Événement": "Nationalisation par Tokyo de trois îlots disputés",
"Réactions chinoises": "Violentes manifestations anti-japonaises, boycott des produits japonais",
"Exemple": "Toyota et Honda voient leurs ventes s’effondrer en 2012",
"Conséquence": "Stratégie du 1+1 : délocalisation partielle vers l’ASEAN (Thaïlande, Vietnam, Indonésie)"
},
"Depuis 2015": {
"Tendance": "Ralentissement des IDE japonais en Chine",
"Exemple": "Part du Japon dans les IDE en Chine : 10 % en 2010 → moins de 3 % en 2020",
"Réorientation": "Renforcement vers ASEAN et Inde"
}
},
"3. Dépendance au marché chinois": {
"Importante mais relative": {
"Exemple": "Toyota vend davantage aux USA (2,1 millions de véhicules en 2022) qu’en Chine (1,9 million)",
"Observation": "Les FTN japonaises sont fortement transnationalisées et diversifiées"
},
"Désengagement progressif": {
"Exemple": "Le Japon était 1er investisseur en Chine en 2012, 3e en 2020 derrière Corée du Sud et Singapour",
"Conséquence": "Perte d’influence économique mais sécurisation face aux risques politiques"
}
},
"4. Réorientation vers les États-Unis": {
"Investissements industriels": {
"Exemple": "Nidec (leader des moteurs électriques) construit des usines aux USA pour batteries et VE",
"Exemple": "Toyota et Mazda investissent 1,6 Md $ dans une usine commune en Alabama (2019)"
},
"Alliance militaire renforcée": {
"Contexte": "Crainte de la montée en puissance chinoise en mer de Chine",
"Exemple": "Renforcement de l’alliance nippo-américaine dans l’Indo-Pacifique (2021, Quad avec Inde et Australie)"
}
}
},
"B/ Le rôle des autres partenaires asiatiques": {
"1. Corée du Sud": {
"Relations économiques dynamiques": {
"Commerce bilatéral": "80 Md $ en 2022",
"Tourisme": "Près de 6 millions de touristes sud-coréens au Japon en 2019 (avant Covid)"
},
"Tensions mémorielles persistantes": {
"Exemple": "Dossier des « femmes de réconfort » (prostitution forcée durant Seconde Guerre mondiale)",
"Exemple": "Décisions judiciaires sud-coréennes en 2018 réclamant indemnisation de Mitsubishi/ Nippon Steel"
},
"Compétition technologique": {
"Exemple": "Samsung vs Sony (électronique grand public)",
"Exemple": "Hyundai/Kia vs Toyota/Honda (automobile)",
"Enjeu": "Concurrence frontale sur les marchés mondiaux"
}
},
"2. Taïwan": {
"Partenariat stratégique": {
"Exemple": "Accords entre TSMC (Taïwan) et Sony (Japon) pour construire une usine de semi-conducteurs à Kumamoto en 2021",
"Enjeu": "Sécuriser la chaîne d’approvisionnement mondiale face à la Chine"
},
"Convergence politique": {
"Observation": "Les deux pays craignent l’expansionnisme chinois et renforcent leur coopération"
}
},
"3. Tigres asiatiques": {
"Rôle de relais de production": {
"Exemple": "Corée du Sud et Singapour accueillent des IDE japonais pour contourner les tensions sino-japonaises",
"Enjeu": "Maintien de la compétitivité régionale"
}
},
"4. Asie du Sud-Est": {
"IDE massifs": {
"Exemple": "Thaïlande, base arrière de Toyota et Honda",
"Exemple": "Vietnam, nouvelle zone de production pour l’électronique (Panasonic, Canon)"
},
"Fournisseur de ressources": {
"Exemple": "Charbon et gaz naturel de l’Indonésie et de la Malaisie",
"Observation": "Diversification des sources énergétiques du Japon"
},
"Diplomatie multilatérale": {
"Exemple": "ASEAN+3 (Japon, RPC, Corée du Sud) lancé en 1997 après crise asiatique",
"Objectif": "Coordonner politiques financières et commerciales régionales"
}
}
},
"C/ Flux stratégiques et alliances régionales": {
"1. Australie": {
"Matières premières": {
"Exemple": "Le Japon est le 1er importateur de charbon australien",
"Exemple": "Contrats gaziers de long terme (LNG) avec Woodside Energy"
},
"Alliance de défense": {
"Exemple": "Accord de coopération militaire Japon-Australie signé en 2022",
"Enjeu": "Endiguer l’influence chinoise dans le Pacifique"
}
},
"2. Moyen-Orient": {
"Dépendance énergétique": {
"Exemple": "95 % du pétrole japonais importé du Moyen-Orient",
"Exemple": "Arabie Saoudite (40 % des importations), EAU (30 %)"
},
"Enjeu": "Vulnérabilité du Japon aux tensions dans le Golfe persique"
},
"3. Flux transpacifiques": {
"Poids croissant": {
"Exemple": "Dès 1984, les flux transpacifiques dépassent les transatlantiques",
"Exemple": "Aujourd’hui, échanges Chine-USA > Japon-USA"
},
"Conséquence": "Déplacement du centre de gravité de l’économie mondiale vers l’Asie-Pacifique"
},
"4. Dimension militaire et tensions régionales": {
"Tirs de missiles nord-coréens": {
"Exemple": "2006, 2017, 2022 : tirs passant au-dessus du Japon",
"Révélation": "Vulnérabilité du Japon face à Pyongyang"
},
"Tensions multiples": {
"Avec la Corée du Sud": "Mémoire et différends maritimes",
"Avec la Chine": "Îles Senkaku",
"Avec la Russie": "Îles Kouriles"
}
"5. Accords régionaux de libre-échange": {
"CPTPP": {
"Exemple": "Leadership japonais après retrait des USA en 2017",
"Enjeu": "Positionner le Japon comme défenseur du libre-échange face au protectionnisme"
},
"RCEP": {
"Accord signé en 2020": "Inclut ASEAN, RPC, Japon, Corée du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande",
"Observation": "Zone de libre-échange la plus vaste au monde (30 % du PIB mondial)",
"Enjeu": "Réduire dépendance vis-à-vis des USA et UE"
}
}
→ IV. Annexes
→ A. La crise des îles Senkaku (2010-2012)
→ Origine du conflit
→ Archipel des Senkaku/Diaoyu, 7 îlots inhabités
→ Revendiqués par le Japon, la Chine (RPC) et Taïwan
→ Position stratégique : riche en ressources halieutiques et hydrocarbures potentiels
→ Déclenchement de la crise (2010)
→ Collision entre un chalutier chinois et des garde-côtes japonais
→ Arrestation du capitaine chinois par Tokyo
→ Pékin réagit par une escalade diplomatique et économique
→ Suspension temporaire des exportations de terres rares vers le Japon
→ Manifestations nationalistes en Chine
→ Escalade (2012)
→ Tokyo "nationalise" 3 des îles en les achetant à un propriétaire privé
→ Chine envoie des patrouilles maritimes régulières
→ Boycott en Chine des produits japonais (automobiles Toyota, Honda, etc.)
→ Conséquences géopolitiques
→ Montée du nationalisme dans les deux pays
→ Dégradation forte des relations économiques bilatérales
→ Les FTN japonaises appliquent la stratégie du "1+1"
→ Investissement en Chine accompagné d’un investissement parallèle dans un Tigre (Vietnam, Thaïlande)
→ Ex : Panasonic, Toyota, Sony
→ Désengagement progressif des IDE japonais en Chine
→ En 2012, Japon = 1er investisseur étranger en Chine
→ Aujourd’hui seulement 3ème
→ B. Les démonstrations de force en mer du Japon
→ Acteurs impliqués
→ Japon, Corée du Nord, Corée du Sud, Chine, Russie, États-Unis
→ Corée du Nord
→ Multiplication des essais de missiles balistiques et nucléaires
→ Portée volontairement démonstrative, parfois orientée vers le Japon
→ Ex : tirs en 2017 et 2022 de missiles au-dessus de l’archipel
→ Objectif : dissuader Washington et Tokyo, montrer la capacité nucléaire nord-coréenne
→ Japon
→ Renforcement de la défense antimissiles (Aegis, Patriot PAC-3)
→ Coopération militaire accrue avec les États-Unis
→ Révisions doctrinales vers une "capacité de contre-attaque" (2022)
→ Corée du Sud
→ Rivalité persistante avec le Japon (mémoire historique, litiges territoriaux : rochers Dokdo/Takeshima)
→ Mais coopération contrainte face à la menace nord-coréenne
→ Chine
→ Déploiement naval croissant en mer de Chine orientale et en mer du Japon
→ Objectif : contester la suprématie américaine et tester les capacités japonaises
→ Russie
→ Présence militaire renforcée dans les Kouriles du Sud
→ Enjeu : verrouiller l’accès au Pacifique Nord
→ États-Unis
→ Démonstrations de puissance avec le Japon et la Corée du Sud
→ Objectif : maintenir la crédibilité de la dissuasion américaine en Asie-Pacifique
→ Conséquences régionales
→ La mer du Japon devient une zone de haute tension militaire
→ Convergence des menaces : nucléaire nord-coréen, ambitions chinoises, rivalités historiques
→ Réactivation d’alliances : axe Washington-Tokyo-Séoul
→ Multiplication des exercices navals conjoints
},
}
}
}