Origines du droit d'usufruit : dans le DR avec le mariage sine manu => l’épouse n’entrait pas, juridiquement parlant, dans la famille de son mari. Aussi, au décès de ce dernier, l’épouse ne recueillait-elle aucune part dans la succession ab intestat. Le mari assumait dès lors l’obligation morale de laisser à sa veuve les moyens d’existence qui lui seraient nécessaires pour continuer à vivre selon le train de vie auquel il l’avait habituée, sans toutefois frustrer les enfants qui étaient ses héritiers. Le legs d’usufruit permettait de concilier tous les intérêts en présence, car les enfants devaient tolérer seulement une simple jouissance des biens de leur père prédécédé par leur mère, pour retrouver ensuite, lors du décès de celle-ci, la pleine propriété de ces biens. Aujourd’hui encore, c’est l’usufruit successoral du conjoint survivant qui constitue l’une des applications les plus fréquentes du droit d’usufruit, mais, à présent, le conjoint survivant est devenu un successeur légal (donc même en l’absence de disposition de dernières volontés expresse en sa faveur).