Please enable JavaScript.
Coggle requires JavaScript to display documents.
Socio éco Chapitre 6 Marché - Coggle Diagram
Socio éco
Chapitre 6
Marché
Le marché est un lieu (réel ou virtuel) où se rencontrent offreurs (producteurs) et demandeurs (consommateurs) pour échanger des biens ou des services.
Cette rencontre permet de fixer un prix d’échange, c’est-à-dire la valeur qui permet le transfert de propriété.
I - Différentes formes de marchés
Tous les marchés ne sont pas identiques : ils varient selon l’objet, le contexte, les pratiques sociales et culturelles.
Il existe des marchés spécifiques comme :
Le marché du mariage (événement + choix du conjoint, avec ou sans intervention familiale).
Le marché de l’éducation (choix entre public/privé, influence du prix, coaching).
Le marché de la mort (services funéraires, thanatopraxie).
Le marché des accessoires pour animaux, en forte croissance récente.
Ces points suffisent à comprendre que la logique marchande s'étend à des domaines de la vie sociale autrefois non économiques, et qu’elle varie selon les normes, les lieux et les époques.
II - La sociologie des marchés
Le marché est une construction sociale, pas un phénomène naturel : il coexiste avec d’autres formes d’échange comme le don.
Depuis les années 70, montée du libéralisme économique → on cherche à résoudre les problèmes par le marché, au détriment de l’intervention de l’État.
Le don comme alternative au marché : étudié par Mauss (ex : potlatch indien, kula nouvelle guinée, Noël, temps passé avec sdf GILIGAN, Linux faire progresser la science + internet), repose sur l’échange symbolique, non marchand.
Le marché n’est qu’un mode d’échange parmi d'autres, et des sphères intéressées (marché) et généreuses (don) coexistent dans la société.
III - Efficience et légitimité du marché
SWEDBERG dit que les économistes valorisent l'efficience, pensent que le marché est la voie unique et optimale pour satisfaire les besoins à moindre coût (vision déterministe et universelle).
Les sociologues questionnent la légitimité et la diversité des marchés, soulignant qu’ils sont des constructions sociales, influencées par la culture, l’histoire et les institutions.
Le marché n’est pas naturel ni inévitable, il aurait pu évoluer autrement, comme le montrent les foires agricoles où il y avait un accord simplement en se serrant la main, ou les systèmes de dons.
La socio économie s'interroge sur l'équité du marché, l’inégale répartition du pouvoir entre offreurs et consommateurs, et les conflits liés à son imposition (ex : remembrement en France, clôtures au Royaume-Uni conflits entre les agriculteurs).
Le modèle néoclassique dominateur aujourd'hui ne prend pas en compte les différences sociales, et la légitimité sociale du marché est loin d’être acquise partout.
IV - Le marché libère t-il les individus ?
Le modèle néoclassique suppose un marché idéal : agents rationnels, bien informés, moralement fiables, et capables de faire de bons arbitrages (mais ces hypothèses sont irréalistes dans la société réelle).
Le marché est une construction sociale influencée par la culture et l’histoire, donc il varie selon les pays : au Royaume-Uni, il est culturellement légitimé, contrairement à la France, l’Allemagne ou l’Italie, où il reste davantage contrôlé.
La sociologie critique l’efficience comme unique critère, et s'intéresse plutôt à la coopération et aux interactions sociales dans les échanges.
Le marché contribue à dissoudre les liens sociaux, car il transforme tout en objet marchand (ex : ce qui ne s’achetait pas autrefois s’achète aujourd’hui).
La liberté sur le marché est conditionnée par la transparence de l’information (qualité, prix, stabilité) (sans cela, l’achat "libre" est une illusion).
V - Opposition au marché politique (opposer le marché à l’état ou au politiques)
Débat sur l'interventionnisme économique : Après-guerre, le débat oppose la planification centralisée des pays socialistes et les politiques keynésiennes axées sur la demande plutôt que l'offre.
Théorie keynésienne : Contrairement à la loi de Say, qui postule que l'offre crée sa propre demande, les keynésiens estiment que c'est la demande qui stimule la croissance économique (en augmentant les salaires et l'embauche).
Politique de l'offre vs. politique de la demande : L'approche keynésienne (augmentation des salaires et de la consommation) est préférée pour éviter l'inflation que pourrait entraîner une politique de l'offre (augmentation des prix et des salaires).
Alternatives au capitalisme de marché : Le marché n'est pas la seule solution pour équilibrer l'offre et la demande ; des sociétés sociales comme la Yougoslavie ont démontré d'autres modèles possibles.
Hirschman et les comportements face à une action : L'individu peut réagir de trois façons :
Exit : partir
Voice : exprimer son mécontentement
Loyalty : rester fidèle sans protester.
VI - L’opposition entre les économistes et les sociologues
Pour les économistes, le marché est une construction théorique idéale (ex : marché de l’éducation).
Pour les sociologues, le marché est concret, façonné par les acteurs, les institutions, la culture, les normes et les intermédiaires.
Exemple du marché aux fraises en Sologne : introduction d’un système automatisé (enchères inversées), illustration d’un marché de concurrence pure et parfaite selon les économistes.
Mais cette forme de marché est issue d’un contexte social spécifique et non une évolution "naturelle".
19e siècle : l’enfant a une valeur économique (travail, soutien familial).
20e siècle : l’enfant acquiert une valeur affective → changement de logique (émotionnelle, esthétique).
L’adoption devient courante, jusqu’à créer une pénurie, une hiérarchisation des enfants (sexe, santé), et un trafic (marché noir).
Le marché transforme des objets ou des relations non marchandes en marchandises, ce qui soulève des questions éthiques et sociales (ex : amour parental vs aide financière).
Le marché n’est pas prédominant par nature dans la société, il est choisi.
Il peut remplacer ou dégrader des valeurs sociales, affectives ou sacrées → le marché envahit les sphères privées.