Le droit musulman a évolué différemment selon les régions, sous l'influence de quatre grandes écoles juridiques sunnites et deux chiites. Bien que l'élaboration du fiqh (science du droit) soit considérée comme essentiellement achevée au Xe siècle avec la supposée « fermeture de la porte de l'interprétation (ijtihâd) », cette notion reste controversée. De nombreux juristes ont continué à revisiter et à développer le droit musulman après cette période.
La colonisation a réduit le droit musulman principalement au statut personnel, comme le mariage. Au XXe siècle, certains pays musulmans ont modernisé leur droit (Turquie, Égypte, Tunisie). Le droit pénal islamique a été partiellement réhabilité dans quelques États sous l'influence de l'islamisme contemporain (Iran, Pakistan, Soudan, etc.), mais la plupart des réformes juridiques des XIXe et XXe siècles ont aligné les systèmes nationaux sur les principes internationaux. Cependant, plusieurs Constitutions (Maroc, Algérie, Iran, etc.) continuent de faire référence au droit musulman. En 1990, l'Organisation de la conférence islamique a adopté la Déclaration des droits de l'homme en islam.
Le droit musulman repose sur quatre sources principales : le Coran, la sunna, l'ijmâ (consensus des savants) et le raisonnement analogique (qiyas pour les sunnites). Bien que la coutume ('urf) et la loi ne soient pas officiellement reconnues comme sources, elles jouent un rôle dans l'adaptation du droit religieux aux contextes locaux et aux situations variées.
Le qâdi (juge) qui tenterait d'interpréter le Coran ou d’évaluer l’authenticité des hadîth selon son propre jugement commettrait une erreur similaire à celle d'un catholique cherchant à comprendre les textes religieux sans l'autorité de l'Église. L'ijmâ, ou consensus des savants, joue un rôle fondamental dans le droit musulman, car c'est grâce à lui que les règles du fiqh, quelle que soit leur origine, deviennent effectivement applicables. Le juge (qâdî) se base principalement sur les livres contenant les solutions validées par l'ijmâ, plutôt que sur le Coran ou les recueils de Traditions.