Les TiC1 se diffusent dans les ménages en France (CrEdOC, 2016) et les questions se multiplient sur leurs « effets ». Ainsi, les sMs et les courriels seraient à l’origine de l’augmentation des divorces. Inversement, Internet faciliterait la vie quotidienne grâce aux achats en ligne, notamment pour les foyers de grande taille et les groupes les plus favorisés (CrEdOC, 2016). Pour les uns, les plateformes électroniques contribuent au délitement du lien social, pour les autres, elles multiplient au contraire les formes du lien social tout en rationalisant le domaine conjugal (Illouz, 2006 ; Marquet 2009). La sociologie des usages croisée avec la sociologie de la famille montre combien le lien sociotechnique n’est pas unilatéral mais s’inscrit dans une relation de « codétermination réciproque » (Massie, 1993). Les familles s’approprient les dispositifs en fonction de leur économie relationnelle et de leur système de valeurs (Silverstone, Hirsch et Morley, 1990) mais, inversement, les outils appropriés peuvent déplacer et transformer les pratiques préexistantes, voire faire émerger de nouveaux rapports sociaux (Jouët, 1989). Nous aborderons ici deux déclinaisons de la conjugalité : que reflètent les usages des TiC dans la distribution des rôles conjugaux d’une part et, d’autre part, dans la gestion de la coparentalité quand le couple parental survit au couple conjugal dans un contexte de séparation et de divorce ? (paragraphe 1).