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FAIRE CROIRE : INTRODUCTION - Coggle Diagram
FAIRE CROIRE : INTRODUCTION
EN UN MOT
Citation Mirabeau : « Cet homme ira loin car il croit tout ce qu’il dit » (Robespierre
D’autant plus de force de persuasion qu’il en est convaincu ?
Définitions
Croire le donner son assentiment à une proposition tenue pour vraie sans avoir la certitude ou le savoir objectifs de sa vérité
Faire croire : action ou volonté de faire adhérer une personne ou un groupe à un propos, une idée…
Questionnements
existe-il une véritable dichotomie, polarisation entre l’agent qui fait croire et le patient qui croit ?
Se prendre à son propre piège, ces faire croire à soi même ?
La victime est elle vraiment passive ? Ne peut elle pas participer activement ?
Phénomène accéléré par la diffusion massive, là blogosphère et les réseaux sociaux. Ère de la post-vérité, là où le faux et le vrai sont indiscernables ?
Éduquer à l’esprit critique, débats publics éclairés, protection des libertés publiques comme solutions pour garantir la valeur des institutions contre des croyances fausses et subies : la maxime kantienne est plus que jamais de mise
Proteiforme
Imposteur (Tartuffe), séducteur (Dom Juan), leadership populiste, menteur…
Crédule (Candide), superstitieux (Sagnarelle), le peuple, la foule
Objectifs
Intention louable : enseignant, médecin, artiste, avocat
Propre intérêt : gourou, démagogue, menteur
FAIRE CROIRE : ÉLOIGNEMENT DU RÉEL ET TRAVESTISSEMENT DE LA VÉRITÉ : faire croire apparaît d’abord comme un acte de dissimulation et de dégradation de la vérité
COMMENT FAIRE CROIRE ?
C’est être capable de tromper
C’est d’abord agir, ce n’est pas seulement un leurre, une simulation : requiert la capacité de se distancier du réel
Un art de la parole : rien de plus puissant que les mots pour faire croire
Rhétorique : ne se préoccupe pas du contenu mais des moyens pour y parvenir
Sophiste : s’agit seulement de faire croire, peu importe le contenu Faire croire qu’on possède tous les savoirs
Avoir la capacité de mentirr
Distinction entre faire croire et feindre : il faut aller au bout de l’action et cela par le langage (la maîtrise des signifiants)
Puissance du signifiant qui peut faire croire à l’existence d’un signifié qui n’a jamais existé
Nietzsche : « le menteur fait usages des désignations valables, les mots, pour faire que l’irréel apparaisse réel
Qui peut faire croire ?
Plus faciles pour certains d’imposer une croyance et arracher l’assentiment : dans le Médecin malgré Lui (Molière) on abuse de l’autorité conférée socialement
POURQUOI FAIRE CROIRE ?
Pour satisfaire ses interets
Au détriment de leur victime : le trompeur devient manipulateur
Tartuffe comme archétype : directeur de conscience frauduleux, satire de l’hypocrisie sociale
L’imposteur est aussi celui qui a découvert l’imposture de la religion quand elle devient superstition et qui sait l’utiliser à des fins personnels
Une soif de pouvoir
Portée politique la de l’intrigue au complot : les comploteurs sont toujours ceux qui tapis dans l’ombre cachent leurs véritables intentions (Brutus avec Cesar)
Permet de le conserver : gouverner, c’est faire croire (Myriam Renault d’Allones)
Machiavel : le Prince doit se faire dissimulateur pour répondre à l’exigence d’obéissance sans passer par la pure coercition
A rapprocher de Pas al, la force et la justice
Pour seduire
Désir de plaire à l’autre pour être mieux considéré : selon Rousseau, constitutif de la naissance des premières sociétés. —> paraître meilleur qu’il n’est en realité
Princesse de Clèves : la cour repose sur l’art de faire croire (Madame de La Fayette)
LA CONDAMNATION MORALE, ÉPISTÉMOLOGIQUE ET POLITIQUE DU « FAIRE CROIRE »
Une négation de la liberté ?
Celui à qui l’on fait croire est comme une marionnette. On lui suppose une liberté pour ensuite la nier
Gorgias dans « L’eloge d’Helene » : « le discours persuasif a contraint l’âme qu’il a persuadée »
Une faute morale ?
Critique par Platon des sophistes : mythe de la Caverne dans laquelle les illusions sont entretenues par des individus qui font croire, les « faiseurs de prestige »
Triple condamnation : - brouille la distinction entre illusion et réalité
-compromet l’accès au savoir
-maintient dans l’illusion
Condamnation du mensonge par Kant : faute morale par excellence car cela consiste à s’excepter de l’humanité car le principe de sincérité est la seule forme que puisse prendre le devoir qui soit conforme avec la possibilité meme de se parler Croire, c’est accorder sa confiance
UN POUVOIR DE RÉVÉLATION ET DE TRANSFORMATION DU MONDE ? Ce n’est pas uniquement biaiser le rapport au monde, faire croire à quelqu’un peut être une clé de lecture du monde
UN CHEMIN DÉTOURNE VERS LA VÉRITÉ ?,
Les usages pédagogiques du faire croire
Éducation de l’enfant en fonction de ses préjugés en but d’obtenir son adhésion à un certains nombres de valeurs
Émile de Rousseau : il ne faut pas hésiter à lui faire croire des choses pour son bien
C’est un artifice : le bon pédagogue est celui qui laisse croire à l’élève qu’il apprend seul alors que le maître est au commande
Pour révéler l’être a lui même
Le dramaturge qui utilise subterfuges porteurs d’enseignements
Les sentiments difficilement avouables sont parfois révélés par de stratagèmes (pièces de Marivaux)
Le « mentir-vrai »
L’art repose sur l’illusion : il s’agit de faire adhérer le public à l’histoire ou l’image qu’on lui soumet
La représentation fausse offerte par l’œuvre nous rapproche du réel loin de l’en éloigner
Aristote : l’art est mimesis elle apparaît comme un mode d’exploration la on apprend en imitant et en observant
L’art ne recopie pas fidèlement mais travesti pour en rendre compte
cela permet d’offrir un condensé de réel « plus vrai »
Louis Aragon et le « mentir-vrai »: l’art donne plus de presence au réel que le réel lui-meme
«Les réalistes de l’avenir devront de plus en plus mentir pour dire vrai »
Une conception de la vérité
Relativisme : peut être faire croire et faire savoir ne sont pas si différents s’il n’y a pas de vérité en dehors de ce que l’on tient pour vrai « l’homme est mesuré de toute chose » Protagoras
Comment alors s’échanger ces vérités ? En persuadant l’autre
DISPOSITIF CRÉATEUR DE RÉALITÉS ?
Faire naître des sentiments et des emotions
Le sentiment naît et s’alimente d’une croyance en ce sens , le sentiment procéderait d’une illusion construite à partir d’un processus de «cristallisation » (Stendhal)
Le mirage peut s’estomper d’un seul coup : désillusion amoureuse
Croire pour créer des liens et agir sur le monde
La pitié naît de notre capacité à nous mettre à la place d’autrui par l’imagination : elle nous fait croire que nous nommes capable de voir par les yeux d’autrui
La religion (religere : ce qui relie) comme vecteur d’universalisation des sentiments moraux
La croyance en des idéaux est ce qui nous unit Ainsi , créer des représentations et y faire adhérer le plus grands nombres de personnes contribue à unir et faire avancer la société Enchantement du monde par les croyances, désenchantement du monde moderne par Weber et le réenchantement de Stiegler (il faut croire et faire croire en des idéaux pour les réaliser)
CELUI À QUI L’ON FAIT CROIRE : ACTIF PLUTÔT QUE PASSIF ?
pas seulement une marionnette inactive : participe au phénomène de son adhésion
LA FAIBLESSE DE NOTRE CONSTITUTION
Les désirs et les peurs
Moyen de calmer ses craintes ou flatter ses espoirs là si facile de le manipuler quand on connaît ses points faibles
Le faire croire ne relève pas d’une manipulation subie mais d’un calmant souhaité
Croyance qui agit sur les fragilités. Exemple : le séducteur a besoin du regard des autres pour se faire croire à lui même ses qualités tandis que le séduit est flatté et se prête donc au jeu
La force de l’illusion
L’illusion d’optique continue de nous tromper bien que l’on la sache erronée : de même on a beau montré à quelqu’un que ce à quoi il croit est faux, sa conviction reste indéracinable
Le chemin d’un savoir est plus âpre que les illusions auxquelles nous sommes spontanément portés quand nous acceptons l’explication facile que nous donne celui qui veut nous faire croire
Kant : « Ose penser par toi-même » —> les Lumières comme libération de la superstition et des tutelles causées surtout par « paresse et lâcheté » que par la manipulation des tuteurs
CELUI QUI FAIT CROIRE EST LUI MÊME PRIS DANS UN SYSTÈME DE CROYANCES QUI S’AUTONOMISENT ET DEVIENNENT UN « PROCESSUS SANS SUJET »
Le trompeur pris dans la mécanique du mensonge
Le simulacre impose la discipline pour tenir le mensonge ex : le comte de Monte Cristo : il se détache complètement de son vrai lui, Edmond Dantès
Le mensonge peut enfermer le dissimulateur dna sl’opage d’un autre ex Lorenzaccio : sa fausse identité finit par lui « coller à la peau »
Quand la croyance prend possession de celui qui l’a véhiculé
Pour assurer leurs pouvoirs, les idéologues doivent alimenter l’idéologie à laquelle ils imposent d’adhérer pour s’assurer la soumission du peuple
La « raison d’État » : le gouvernement ne fait pas croire volontairement mais parce qu’il n’a pas le choix, il doit assurer la,consolidation de l’État
CROIRE : UNE TENDANCE ANTHROPOLOGIQUE
Un besoin pour l’action
Production de croyance car il y a besoin de croyance : phénomène essentiel de toute vie humaine
Credere : « faire crédit » —> le croyant cherche un gain : donnant donnant
Énergie vitale : principe d’autosuggestion (Emile Coué, imagination plus forte que la volonté. Lorsqu’on agit sur la base d’une croyance, on fait ‘comme si’ la réalisation était possible et on se donne les moyens de le réaliser
Vaihinger et le fictionnalisme: philosophie du ‘comme si’ : nous nous rapportons au monde à partir de fictions, mais nous faisons comme si elles avaient le statut de réalités, pour transformer le réel et ce dans tous les domaines, même la science : l’atome est une fiction
La croyance, un facteur de cohésion sociale
Besoin de s’inscrire dans une communauté, les croyances ont la force du collectif
Parfois,même fait-il semblant initialement pour s’insérer, sortir de la solitude
Tout peuple, toute société sont soudés par des croyances communes : Pascal et Hobbes, dans le but de comprendre les fondements de la stabilité de l’État, développent une pensée du pouvoir reposant sur la croyance en des signes
Peut être un danger : -l’individualité, le croyant n’étant plus jamais seul, mais n’étant plus jamais vraiment libre -Facilite de manipulation d’une foule, les croyances se répandant et se renforçant aisément