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Texte 15 | Le Diable au corps - Coggle Diagram
Texte 15 | Le Diable au corps
Mouvement 1 |
Préambule du narrateur-personnage qui expose au lecteur ce qui motive son récit
L1-2
Le roman s'ouvre de manière assez abrupte
"Je vais encourir bien des reproches. Mais qu'y puis-je ? Est ce ma faute si j'eus douze ans quelques mois avant la déclaration de guerre ?"
L'OMNIPRESENCE
du
"je"
et l'
ALTERNANCE
entre le
PRESENT D'ENONCIATION
et le
P.S
nous font comprendre que
le narrateur va évoquer son adolescence ("douze ans") qui s'est déroulée durant la première guerre mondial
Les
QUESTIONS RHETORIQUES
suggèrent que
le narrateur éprouve un sentiment d'injustice face aux "reproches"
Avec ces questions, le narrateur cherche également à interpeler le lecteur :
il veut le prendre à témoin pour justifier sa conduite (sans pour autant lui révéler ce qu'il a fait)
Cela crée un
effet d'attente
chez le lecteur qui est placé en position de
juge sans pouvoir juger
L2-8
Le narrateur énumère les arguments qui, selon lui, le dédouanement des reproches qui lui sont faits
sa jeunesse, son inexpérience
" c'est en enfant que je devais me conduire"
d'autres ont agi pareil
"je ne suis pas le seul"
le contexte
"la déclaration de la guerre" "la guerre"
Cette défense est habile :
Parce qu'il insiste sur le fait que c'est un ENFANT qui a agi (or on est indulgent avec les enfants)
"Comme il n'existe rien d'assez fort pour nous vieillir"
Ici le narrateur souligne le fait qu'un
enfant reste avant tout un enfant (légère inhérente a cet âge
L'idée s'impose grâce à deux procédés :
Le présent de vérité général -> idée incontestable.
"Nous"
qui inclut le lecteur
L'
ANTITHESE
et la
NEGATION
soulignent bien
l'opposition entre la perception des adultes et celles des enfants
Cet argument est répété à la L6-7 :
"Mes camarades garderont de cette époque un souvenir qui n'est pas celui de leurs aînés"
Parce que l'argument de la guerre est touchant
: L3
"période extraordinaire"
adjectif à prendre au sens étymologique =
en dehors de la normalité
Idée que la guerre = décision prise par les adultes et dont les enfants sont toujours des
victimes collatérales
Mais cette défense se révèle également ambiguë pour le lecteur :
Parce qu'il ignore toujours les fait qui sont reprochés
: les termes employés sont flou :
"troubles" "aventure"
Parce que certaines arguments se révèlent puérils
"je n'étais pas le seul"
Parce que la volonté de choquer est évidente
: guerre =
"quatre ans de grandes vacances"
expression choquante surtout en 1923, venant d'un narrateur adulte
On a l'impression d'un narrateur adulte qui n'a
pas muri
, qui est resté l'enfant
irresponsable et provocateur
qu'il était
Mouvement 2 |
4 paragraphe très court qui brossent un portrait fragmentaire et parcellaire du narrateur
L9
Le récit rétrospectif démarre de manière classique
"Nous habitions F..., au bord de la Marne"
La phrase avec le verbe à l'
imparfait
plante le décor
L'action va se situer en
région parisienne < Marne : affluent de la Seine
Cependant on observe aussi que le narrateur prend soin de
cacher le lieu précis de l'action
:
"F..."
Les points de suspension = volonté de dissimuler le lieu précis
On peut s'interroger sur cette omission :
peut être pour laisser l'ambiguïté sur l'identité du narrateur et nous permettre de croire qu'il s'agit de Radiguet
En tout état de cause cette omission a pour effet de
crée un certains mystère d'autant plus que le phrase est courte
L10-11
Le narrateur évoque sans transition son éducation
"Mes parents condamnaient plutôt la camaraderie mixte"
Cette phrase montre que le narrateur a reçu une éduction
stricte , conservatrice, conformes aux normes sociales de l'époque (les écoles n'étaient pas mixte)
Mais
cet interdit sur la fréquentation des filles a justement stimulé son désire de les fréquenter
:
"La sensualité, qui naît avec nous et se manifeste encore aveugle y gagna au lieu d'y perdre"
Par cette phrase , qui commence par le mot
"sensualité"
, le narrateur met en exergue un trait remarquable de sa personnalité, accentué selon lui par l'éducation stricte de ses parents :
il a une libido très développé, il est particulièrement précoce
Cette révélation permet d'éclairer le lecteur sur les allusions floues du 1er paragraphe
: On comprend maintenant que
"l'aventure"
qu'on lui reproche est certainement
une relation amoureuse
On est cependant dans
le flou
concernant les reproches faits à cette relation : âge ? contexte ? partenaire?
L12-13
La narrateur complète son autoportrait
"Je n'ai jamais été un rêveur. Ce qui semble rêve aux autres, plus crédules, me paraissait à moi aussi réel que"
Dans cette phrase l'auteur expose 2 traits de caractère : Il est
PRAGMATIQUE
, Il se sent
différent/supérieur
aux autres -> il se sait
marginal et il le revendique
Dans le contexte d'une relation amoureuse, on peut donc imaginer qu'il évacue la romance et se concentre sur le sexe : le narrateur nous semble de plus en plus
immoral
et nous pressentons que les reproches qu'on lui a fait sont peut être justifié
Mais le texte s'achève sur une métaphore filée qui justifie une nouvelle fois les actes du narrateur
La
METAPHORE
met en place
3 images
:
un chat , un fromage et une cloche a fromage
Le narrateur s'assimile clairement au
"chat"
qui guette
"le fromage"
(=....................) mais qui est retenu par
"la cloche"
(= les parents/la société/ les conventions sociales)
"la cloche qui se casse"
évoque
la guerre
qui amène un bouleversement social et moral.
"le chat qui en profite"
est donc l'image de l'
adolescent qui tout naturellement, en dehors de contraintes, profite de la liberté qui s'offre à lui
Grâce à cette métaphore, l'aventure sexuelle de l'adolescent, apparaît comme quelque chose de tout à fait
logique, Naturel
et les reproches paraissent donc tout à fait
injuste et injustifiés