Les organisations internationales (OI) possèdent des compétences d'attribution, c'est-à-dire que leurs pouvoirs sont conférés par les États membres via un traité constitutif. Elles bénéficient également de privilèges et immunités pour pouvoir exercer ces compétences de manière autonome dans les limites définies par le traité. Ces compétences sont souvent limitées par le principe de spécialité, selon lequel une OI ne peut agir que dans les domaines pour lesquels elle a été expressément autorisée. -> La personnalité juridique des OI est généralement reconnue dans leurs traités constitutifs, ce qui leur permet d'être titulaires de droits et d'obligations. Même en l'absence de mention explicite, cette personnalité peut résulter des besoins des États fondateurs. Toutefois, cette personnalité est restreinte par les objectifs précis assignés à l'organisation. -> La théorie des pouvoirs implicites, clarifiée par la CIJ en 1949, montre que les OI peuvent exercer des compétences non explicitement mentionnées, mais nécessaires pour remplir leurs fonctions. Ce principe a été illustré par l'affaire de l'assassinat du Comte Bernadotte, émissaire de l'ONU, où la Cour a reconnu que l'ONU avait le droit de demander réparation pour le préjudice subi, même si cela n'était pas spécifiquement prévu par son traité constitutif. Cette théorie montre que les OI ont des potentiels et des limites : elles ont les pouvoirs nécessaires pour atteindre leurs objectifs, mais ces pouvoirs restent subordonnés à la volonté des États fondateurs. -> Les OI sont donc des sujets dérivés du droit international, avec des compétences limitées par les États qui les ont créées. L'État conserve la compétence de sa compétence, ce qui est la base de la souveraineté en droit international. Cependant, dans certains cas, comme celui de l'Union européenne, des compétences importantes sont attribuées de manière exclusive, ce qui remet en cause la vision classique de la souveraineté. Par exemple, la Monnaie unique et les décisions de la Banque centrale européenne montrent que l'intégration de certaines compétences nécessite un processus décisionnel autonome, qui échappe à un contrôle strictement étatique. -> Ainsi, la question de la spécialité des compétences et de la souveraineté s'avère de plus en plus complexe à comprendre uniquement sous l'angle du droit international public traditionnel. Cette évolution a conduit à des réflexions sur le droit européen et d'autres mécanismes juridiques, comme la lex mercatoria (loi des marchands), qui échappent au cadre classique du droit international. -> En conclusion, pour saisir pleinement les relations internationales et leurs évolutions, il est nécessaire de dépasser le seul cadre du droit international public. Il faut adopter une vision plus large qui intègre des outils juridiques nouveaux et une approche interdisciplinaire pour comprendre les différents acteurs et processus à l'œuvre.