Le droit canonique se fonde sur des sources diverses, principalement issues des textes sacrés (Ancien et Nouveau Testament) et des écrits des Pères de l’Église. Parmi ces derniers, des figures comme Saint-Augustin, Saint-Grégoire, Saint-Ambroise et Saint-Jérôme ont profondément influencé la doctrine chrétienne qui nourrit le droit canonique. Ce droit s'est également nourri des lois romaines, notamment du Code Théodosien, et a commencé à prendre forme sous la direction des autorités ecclésiastiques, notamment le pape et les conciles, qui promulguent des décrétales et des canons.
Les pénitentiels, apparus au VIIe siècle, sont une autre source importante du droit canonique. Ces recueils définissent les péchés et les pénitences correspondantes, incluant des peines corporelles, comme le jeûne, et des réparations pécuniaires. Ils visent à maintenir l'ordre moral au sein de la communauté chrétienne, et dans certains cas, à protéger les plus vulnérables (par exemple, l'affranchissement des servantes dans certains cas d'adultère).
Le clergé est particulièrement surveillé, et des sanctions sévères peuvent être appliquées, telles que l'interdiction d'exercer leur ministère ou l'obligation d'effectuer un pèlerinage. Cela reflète la responsabilité particulière des membres du clergé, censés incarner un modèle de vertu chrétienne.
Le développement du droit canonique sous les Mérovingiens et Carolingiens a une influence majeure sur la société, en particulier dans des domaines comme la justice. Parmi les pratiques judiciaires introduites, l'ordalie (ou jugement de Dieu) en est une illustration : il s'agit d'une épreuve physique à laquelle un accusé doit se soumettre pour prouver son innocence. L'issue de l'ordalie est considérée comme un jugement divin. Par exemple, dans l'ordalie du chaudron, l'accusé doit plonger la main dans de l'eau ou de l'huile bouillante et, selon l'état de la main après trois jours, le juge déclare l'innocence ou la culpabilité. Parfois, l'ordalie est bilatérale, et les deux parties au conflit doivent y participer, avec un duel judiciaire comme option de résolution.
Ce développement montre combien la foi chrétienne imprégnait tous les aspects de la vie quotidienne, notamment à travers l’organisation de la société et des institutions judiciaires.