L’histoire de Rome, s’étendant sur plus de treize siècles, est marquée par une évolution politique et juridique profonde qui façonnera l'Empire romain et son droit, influençant durablement le monde occidental. La période de la République romaine, qui s’étend de 509 à 27 avant J.-C., est particulièrement importante en ce qu’elle établit les bases du droit romain et de l'organisation du pouvoir. À ses débuts, Rome était une cité parmi d'autres, gouvernée par des rois, comme Romulus, son fondateur légendaire. Cependant, en 509 avant J.-C., la chute du dernier roi, Tarquin le Superbe, marque le début de la République, caractérisée par un nouveau système de gouvernance.
La République romaine repose sur l’idée de res publica, "la chose publique", où le pouvoir est partagé entre plusieurs institutions : le Sénat, représentant l'aristocratie patricienne, et le peuple, représenté par la plèbe. Le Sénat, bien qu’étant composé principalement de patriciens (chefs de familles aristocratiques), conserve un rôle de grande importance, notamment par son auctoritas, une forme d’autorité et de légitimité qui lui permet de ratifier les lois adoptées par les comices populaires.
Les consuls, deux magistrats élus annuellement, détiennent le pouvoir exécutif et militaire. Ils possèdent l'imperium, un pouvoir de commandement important, et partagent le pouvoir de manière collégiale pour éviter la concentration du pouvoir. À partir du Ve siècle avant J.-C., apparaissent les tribuns de la plèbe, élus par le peuple pour défendre les intérêts de la plèbe, et les préteurs, chargés des affaires judiciaires.
Le système législatif romain repose sur des assemblées appelées comices, dans lesquelles les citoyens votent les lois. Cependant, cette procédure n'est pas toujours équitable, car les citoyens les plus riches ont plus de pouvoir. La loi est l’élément central de ce système. Une des premières grandes lois, la loi des XII Tables, adoptée en 451 avant J.-C., est un texte fondamental pour le droit romain. Elle consigne des règles de droit qui régissent divers aspects de la vie publique et privée, notamment la procédure civile, le droit pénal, la famille et la propriété. Ces lois, qui sont portées publiquement sur des tablettes de bronze, permettent aux citoyens de les consulter et d'agir en justice.
En ce qui concerne la religion, bien que l’influence des dieux demeure présente, elle perd de son importance dans la structuration politique et juridique de la République. Par exemple, les pontifes (prêtres) exercent une influence considérable sous la monarchie, mais cette influence s’amenuise avec l’évolution du droit. La séparation progressive entre le droit et la religion contribue à une plus grande autonomie dans la création des lois, avec un accent mis sur la volonté populaire et la souveraineté du peuple dans les comices.
Un autre aspect fondamental du droit romain républicain est l’émergence du droit prétorien. Les préteurs, en rendant la justice, créent de nouvelles actions juridiques pour répondre à des besoins nouveaux. Ce processus aboutit à la formation de l’édit du prêteur, qui permet d’adapter le droit aux réalités sociales et économiques. L’édition de nouveaux litiges et actions par les préteurs devient ainsi un moyen important d'évolution du droit romain. Cette dynamique fait du droit prétorien une source essentielle de droit, en plus de la législation formelle.
Outre la législation et le droit prétorien, la coutume (consuetudo) reste une source fondamentale du droit. Les coutumes locales, particulièrement dans les provinces conquises par Rome, continuent à influencer le droit privé, surtout en matière de droit de la famille et de droit de la propriété. Cela reflète le respect des traditions locales, tout en intégrant les peuples conquis dans un cadre juridique unifié.