La Convention nationale, élue par suffrage presque universel en août-septembre 1792, voit se former deux groupes principaux de parlementaires : les Girondins et les Montagnards. Les Girondins, qui venaient principalement de la Gironde, étaient modérés et prônaient un régime plus libéral, tandis que les Montagnards, souvent plus radicaux, occupaient les bancs les plus élevés de l’Assemblée. Les Girondins, au début majoritaires, ont lancé un projet de Constitution en février 1793. Ce projet, très démocratique, proposait l’élection des députés et du conseil exécutif au suffrage universel, avec des mandats très courts. Il visait à limiter le pouvoir du conseil exécutif en prévoyant une présidence rotative tous les 15 jours et en confiant le pouvoir constituant au peuple. Ce texte introduisait aussi des garde-fous populaires contre une éventuelle destitution arbitraire des ministres. Cependant, il fut critiqué par les Montagnards, notamment par Robespierre et Saint-Just, qui y voyaient un risque de trop de pouvoir pour l’Assemblée.
Le Comité de Salut public, dominé par les Montagnards, fut chargé de rédiger une nouvelle Constitution, qui fut adoptée le 24 juin 1793. Cette Constitution, plus sociale et démocratique, comportait des droits sociaux comme le droit au travail et à l'instruction, et proclamait le droit à l'insurrection en cas de violation des droits du peuple. Elle instaurait également le suffrage universel, des mandats législatifs d’un an, et un contrôle populaire sur les lois. Le pouvoir exécutif était confié à un Conseil exécutif de 24 membres, responsables devant l'Assemblée. Toutefois, cette Constitution ne sera jamais appliquée, car face à la guerre et aux révoltes intérieures (notamment la révolte en Vendée), la Convention décréta en octobre 1793 que "le Gouvernement sera révolutionnaire jusqu’à la paix". Le texte fut donc mis de côté, et la période de la Terreur commença, sous le contrôle des comités révolutionnaires.
En résumé, la Constitution de 1793, bien qu'innovante et démocratique, ne fut jamais mise en œuvre en raison des circonstances exceptionnelles de la guerre et de la révolte interne, et la France fut dirigée par un pouvoir révolutionnaire concentré dans les mains de quelques comités jusqu'à 1795.
En résumé, la Constitution de 1793, bien qu'innovante et démocratique, ne fut jamais mise en œuvre en raison des circonstances exceptionnelles de la guerre et de la révolte interne, et la France fut dirigée par un pouvoir révolutionnaire concentré dans les mains de quelques comités jusqu'à 1795.