« Les différences de sexe, comme toutes les différences dans la nature, reposent sur un continuum et c’est par accumulation statistique qu’elles deviennent évidentes : il n’y a pas de ligne de division dépourvue d’ambiguïté entre les deux sexes et tout critère de différenciation qui pourrait être invoqué, des organes génitaux aux chromosomes en passant par les hormones, échoue à remplir une stricte fonction de démarcation. Toutes sortes d’autorités, des médecins opérant sur les nouveaux nés intersexes aux comités olympiques débattant de la manière de concourir les athlètes possédant des chromosomes XY et des organes génitaux féminins, exécutent le travail culturel consistant à faire entrer des individus dans des catégories. Pourtant, l’effort destiné à faire apparaître le sexe comme dichotomique est généralement invisible à la société plus large, ou du moins, rarement remarqué comme tel. »
Epstein, Steven. (2014). Différences corporelles et identités collectives : la politique du genre et de la race dans la recherche biomédicale aux Etats-Unis. Genre, sexualité et société, 12, p. 15