Allongé par terre, le public a les yeux au ciel, s’élevant en même temps que les douces vagues de synthétiseur de l’artiste, qui caresse ses machines. Marc Melià reprend Rhubarb d’Aphex Twin, titre rêveur et ouvert, extrait de l’œuvre mythique d’ambient SAWII. Philip Sherburne, critique musical à Pitchfork, écrivait au sujet de cet album que « comme tout texte quasi-religieux, il s’est révélée susceptible de faire l’objet d’une exégèse soutenue ». Dès lors, dans la lumière bleutée, l’artiste nous laisse libre de chacun interpréter, découvrir, dessiner nos pensées, sur le plafond de l’église, au son de boucles hypnotisantes. Ce n’est pas un hasard si l’album de Marc Melià s’appelle « Music For Prophet » : celui qui révèle, qui dévoile.