"Les Indiens ont d’aussi bons entendements, des esprits aussi perspicaces, aussi capables et dociles pour n’importe quelle science morale et doctrine spéculative [...]. Et je ne parle pas de leurs admirables progrès dans les arts mécaniques et les arts libéraux, comme la lecture et l’écriture [...] la pratique de tous les instruments de musique, la grammaire, la logique, et dans tout le reste de ce qui leur a été enseigné et qu’ils ont écouté.
Et comme Dieu a privé le docteur Sepúlveda de toute information à ce sujet [...] il aurait été très digne d’un homme aussi docte en d’autres matières et aussi estimé que lui que avant de commencer à traiter d’une matière qu’il ignorait [... il s’informe auprès des serviteurs de Dieu et de ceux qui ont sué beaucoup de nuits et de jours pour la prédication et la conversion de ces gens, et qu’il ne se hâte pas de donner du crédit aux hommes mondains et tyranniques qui l’ont persuadé d’écrire son traité pour justifier les brigandages, les vols et les morts qu’ils ont commis et les états usurpés auxquels ils se sont élevés grâce à une immense effusion de sang [...]."
Bartolomé de Las Casas considère que les amérindiens ont une âme, sont des êtres humains, défend leurs droits et accuse Sepulveda d'être un tyran qui se bénéficie de l'effusion de sang des peuples amérindiens.