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Dépression et mélancolie - Coggle Diagram
Dépression et mélancolie
Épidémiologie :
- Incidence de la dépression : env 6% de la populatio à un instant T
- Prévalence, dans la vie entière : 10% chez les H et 20% chez les F
- 15% décèdent par suicide en cas de dépression sévère (personnes suivies sur le plan médical)
Définition :
- Dépression : trouble de l'humeur
versant triste = langage de tous les jours
- Etat dépressif caractérisé
Regroupe de multiples situations cliniques, rupture avec l'état antérieur (risque suicidaire)
= ce qui va considérer un épisode de tristesse comme pathologique est la différence entre l'état actuel du patient et son état habituel
Sémiologie de la dépression :
3 grandes catégories de symptômes :
- Humeur triste :
- Douleur morale
- Durable, constante, étendue, vécue comme anormale,
- Pleurs (comme si le patient percevait le monde à travers une paire de lunettes noires)
- Anhédonie (abs de plaisir)
- Aboulie (abs d'envie)
- Pessimisme (perte de la projection dans l'avenir)
= jusqu'aux idées suicidaires; csq possible : retrait social
= le patient peut-il encore imaginer un avenir différent ou est-il "coincé" dans l'instant présent douloureux
- Ralentissement(=on diminue tout en intensité) :
- Asthénie (sensation de fatigue ne s'améliorant pas au repos : classiquement mieux le soir)
- Clinophilie (tendance à rester couché! pas forcément endormi : les patients peuvent vous dire qu'ils passent plusieurs heures allongés à regarder le plafond ou pris dans leurs ruminations anxieuses)
- Ralentissement psychique :
- Bradypsychie (ralentissement de la pensée)
- Troubles de concentration, troubles mnésiques, ruminations
- Apragmatisme : défaut d'initiative
- Ralentissement moteur :
- Ton lent (=bradyphémie)
- Hypomimie (=diminution des expressions faciales, en intensité max, on peut avoir l'impression que le patient porte un "masque")
- Ralentissement des gestes
- Troubles somatiques (=des fonctions instinctuelles):
- Appétit : anorexie(diminution de l'appétit au sens de la restriction alimentaire) ou hyperphagie
- Sommeil : insomnie (+/- ruminations nocturnes) : insomnie d'endormissement/réveils nocturnes/réveils précoces
- Fonction sexuelle : troubles de la libido
- Plaintes somatiques (mal au crâne, mal au ventre, vertiges, acouphènes...)
= Tous ces symptômes par lesquels le corps "parle à la place de la tête"
- Autres :
- anxiété +++
- irritabilité
- labilité de l'humeur (changeante)
Formes spécifiques :
Période du post-partum :
- Dépression du post-partum : à différencier du baby blues (post-partum blues ≠ dépression post-partum)
- Baby-blues = post-partum blues
- 72h après l'accouchement
- symptômes légers et transitoires
- pas de TTT
- quasi physiologique
- baby-blues : lié aux modifications hormonales survenant juste après l'accouchement : humeur labile, anxiété sur la capacité à s'occuper de l'enfant, "hyperémotivité"
- A surveiller car dépression post-partum:
- 15% des mères
- dans les semaines suivant l'accouchement
- au 1er plan : irritabilité, culpabilité, anxiété autour des soins de l'enfant
- intensité pathologique (et pas juste inquiétude légitime)
- tristesse 2nd plan
- risque de trouble de la relation mère/enfant : pcq quand la dépression "consomme" une grosse partie de l'énergie et de l'attention de la mère, difficile d'être disponible pour l'enfant
Public : Enfant et adolescent
- différence par rapport à l'état habituel
- anxiété souvent au 1er plan
- troubles somatiques ++ (insomnie, anorexie)
- bon indicateur : milieu scolaire (comportement, interactions avec les autres élèves, résultats)
- Adolescents : idem + troubles du comportement (opposition, fugues, consommations)
- Risque suicidaire : 2ème cause de mortalité ( 1ère cause accidents)
- Soins engagés : grande capacité de récupération
Mélancolie : les symptômes de la dépression poussés à fond
- Forme spécifique grave, d'épisode dépressif caractérisé
- Perte complète de tout intérêt ou plaisir
- Culpabilité excessive, inappropriée
- Ralentissement jusqu'à la stupeur
- Parfois idées délirantes
Mélancolie avec caractéristiques psychotiques :
- Mélancolie délirante
- Adhésion totale, non systématisé, congruent à l'humeur
- Indignité ("je ne mérité pas d'être soigné")
- Culpabilité ("je suis un criminel, un monstre, tout le monde va mourir à cause de moi")
- Incurabilité ("je ne m'en sortirai jamais")
- Syndrome de Cotard = forme particulière de mélancolie
- caractérisé par des idées délirantes associant :
- Damnation
- Immortalité/mort-vivant
- Négation d'organe ("tout est pourri à l'intérieur, je n'ai plus de cœur, je n'existe plus")
- Mélancolie (avec ou sans caractéristiques psychotiques) = risque suicidaire majeur
- Indication de soins en urgence maintenant
- Soins sans consentement si nécessaire
Public : Sujet âgé
- "c'est le corps qui parle"
- troubles somatiques au 1er plan
- ralentissement
- anxiété avec somatisation et préoccupations hypocondriaques
- sensibilité aux troubles cognitifs (mémoire, ...)
- mélancolie plus fréquente
- "dépression hostile" avec irritabilité
- taux de suicide abouti : 2 fois celui de la population générale
- Ne pas confondre démence et dépression chez le sujet âgé
- dépression pseudo-démentielle : troubles cognitifs, ralentissement, perte d'autonomie, clinophilie
- trompeur car tristesse pas au 1er plan : ressemble à la démence
- Pour faire la différence
- penser à la confusion et à la désorientaion temporelle et spatiale : si présente, plutôt démence, si absente plutôt dépression
- mode de début, évolution, épisodes de rémission spontanée
- réponse aux TTT
- Forme selon la sévérité : du coup de blues" ne nécessitant qu'un coup de fil à un ami à la mélancolie délirante avec hospitalisation sans consentement : à quel moment un syndrome dépressif devient un problème médical ?
- Forme selon le "public" : dépression chez la jeune maman, le nourrisson, l'enfant/ado, la personne âgée
Sévérité : épisode dépressif caractérisé ou épisode dépressif majeur = le moment où ça a un impact sur le patient
- Symptômes évoqués précédemment , depuis au moins 2 semaines
- Changement significatif dans le "fonctionnement" quotidien
- Pas lié à un trouble psychique ou à une prise de substance (cf diagnostic différentiel
- Léger, modéré, sévère
= le moment où ça a du sens de demander une aide spécialisé (au moins au méd généraliste) : importance de repérer quand le patient et sa vie quotidienne sont modifiés par le syndrome dépressif
Public : Nourrisson (<6 mois)
- manque ou perte d'un lien affectif privilégié (caregiver)
- décrit pour la 1ère fois dans les orphelinats après la 2nd guerre mondiale
- apathie, indifférence, désintérêt
- hypotonie
- anorexie, insomnie
- ralentissement du développement
- Post -partum et nourrisson :
- Existence des UMB (unité mère-bébé) ou UMN(unité mère-nourisson)
- Intérêt de l'UMB : prise en charge en même temps de la mère et du bébé, sans séparation; infirmières, puéricultrices, pédo-psychiatres...
- Temps d 'observation et d'accompagnement de la mère, sur le moral et dans les soins à l'enfant
- 3 en Alsace (Mulhouse, Strasbourg, Brumath)
- Très inégalement répartis sur le territoire français
Evolution:
- Guérison, soit spontanée, soit sous TTT
- Rechute (<6 mois après guérison)
- Récidive : 50% (>6 mois après guérison)
- Récurrence (au moins 2 épisodes à 4 mois d'intervalle)
- Dépression chronique (> 2 ans) : 10%
- Suicide
- Virage maniaque (cf trouble bipolaire)
(les chiffres de rechute te récidive concernent surtout les patients dont les symptômes étaient assez sévères pour nécessiter un TTT (il y a surement bcp de patients qui se sortent seuls et définitivement de dépression)
- Complications :
- Suicide
- Troubles anxieux
- Addiction (alcool, cannabis, médicaments)
- Impact social
Étiologie :
- Primaire : psychiatrique
- Syndrome dépressif primaire : endogène (c'est venu tout seul) vs réactionnel (après décès, séparation, chômage...) à un événement
- Endogène : plusieurs causes envisagées : génétique, neurobiologique, environnementale, cognitive...
- Secondaire : pas psychiatrique
- Syndrome dépressif secondaire = d'origine somatique = multiples causes possibles :
- endocriniennes
- neurologiques
- cancéreuses
- auto-immunes
- médicamenteuse (notamment corticoïdes, béta-bloquants et toxiques(alcool ++, sevrage à certains psychotropes)
Diagnostic différentiel :
- Une dépression n'est pas "psychiatrique" que lorsqu'on a vérifié qu'elle n'est pas somatique (qui concerne le corps)
- Pourquoi mettre sous antidépresseur quelqu'un qui a une dysfonction thyroïdienne?
- Examen clinique et interrogatoire : recherche d'éléments atypiques, symptômes somatiques associés, antécédents médicaux et familiaux, présence effective d'une tristesse de l'humeur
- Analyse biologiques
- Recherche de toxiques
- Selon contexte : imagerie cérébrale
- Attention aux idées suicidaires sous alcool ( un grand classique de l'alcoolisation massive, qui ont tendance à disparaître dès que l'alcoolémie redescend... Donc pas d'urgence à les envoyer en hospitalisation psy, à revoir à jeun!
Les idées suicidaires :
- Question lors d'un syndrome dépressif
- Demander ≠ ne donne pas des idées
- Préciser : à quelle fréquence ? Scénario ? Moyens disponibles ? Ce qui les retient ? Antécédents ?
Prise en charge
- En ambulatoire : autant que possible (préservation de l'autonomie, entourage...)
- En hospitalisation, si :
- Risque suicidaire élevé
- Mélancolie ou éléments délirants
- Difficultés à introduire le TTT (antécédents, fragilité..)
- Contexte défavorable (conflits à domicile...)
Médicaments :
- Pas en 1ère intention si épisode léger ou modéré
- En 1ère intention dans les épisodes dépressifs sévères
- TTT spécifique : antidépresseur (délai minimal avant évaluation : 6 semaines) : à poursuivre au moins 6 mois
- TTT symptomatique : anxiolytiques, hypnotiques... (durée courte)
(ex du plâtre : 6 mois d'antidépresseur = 6 semaines de plâtre : l'os est réparé au bout de 3 semaines, mais si on ôte e plâtre trot tôt, l'os encore fragile risque de recaser -> idem pour le moral)
- Faire attention à la prise en charge spécifique des dépressions dans les cadre d'un trouble bipolaire : pas de TTT antidépresseur en 1ère intention
Psychothérapie :
- Doit être systématiquement proposée
- Multiples types possibles (analytique, de soutien, cognitivo-comportementale...) à proposer selon disponibilité et demande du patient
Electroconvulsivothérapie = ECT
- Utilisé dans la dépression sévère :
- Si urgence : dépression mélancolique/délirante avec risque vital imminent (arrêt alimentation par ex)
- Si résistance à plusieurs lignes de TTT bien conduit
- Contre-indication des médicaments
-
-
Spécifiquement :
- Post-partum : selon sévérité, attention médicaments et allaitement
- Enfants et adolescents : thérapie familiales et psychothérapies adpatées ++ (médicaments en dernier recours et uniquement chez l'ado)
- Sujet âgé : mauvaise tolérance et contre-indication de nombreux TTT, risque de chute, de fausse route...
Prise en charge sociale et des complications :
- Des addictions
- Des troubles anxieux
- De l'impact social et professionnel ++ (ALD, arrêt de travail...)
- Prévention du risque suicidaire (en commençant par poser la question...)
Prise en charge multidisciplinaire :
- Médicale
- Infirmière
- Sociale
- Psychologue..
= La prise en charge d'une dépression : travail d'équipe