"Populariser l’aménagement du territoire et promouvoir une plus large concertation entre les professionnels et les citadins demande avant tout un langage commun, ne serait ce qu’une réciprocité dans l’écoute et les échanges. Or, force est de constater que les “hommes et femmes de l’art” semblent se plaire dans l’utilisation de formules ésotériques et cultivent un langage qu’eux seuls soient à même de comprendre. Ce jargon creuse le fossé existant entre les citoyens et les décideurs de nos cités, isolant un peu plus la société civile de “la chose politique”. Pendant longtemps le langage “technique” s'apparente à un mur, protégeant le pouvoir des professions. On pouvait affirmer que “savoir” c’était “pouvoir”. La question, en soit n’est pas d’éliminer les champs sémantiques techniques des professions, au risque d’un effet de lissage et de perte de sens, mais de les expliciter, afin d’associer le patient au diagnostic et surtout, à la thérapie et son succès. Les mots techniques ne sont pas un obstacle s'ils sont éclairés dans leur contexte. La parole ouvre à l’Autre (Heidegger, 1976) parler aux autres c’est aussi les faire parler. Ainsi cette confrontation engage chaque participant dans une maturation citoyenne par une prise de conscience des contraintes individuelles et collectives. C’est un outil d’apprentissage des modes de fonctionnements des institutions et des organismes, des procédures et des différents enjeux."