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Bouffées Délirantes Aigües (Thématique : polymorphe. (Erotomanie,…
Bouffées Délirantes Aigües
Magnan - 1866
, la BDA = la survenue brutale d'un syndrome délirant, d'évolution brève, favorable à court terme si le sujet est soigné, et ne relevant pas d'une causalité organique ni d'un trouble premier de l'humeur.
Dpdv psychopathologique
, une BDA est liée à une
fragmentation
fonctionnelle aiguë
du psychisme survenant chez un
sujet soumis à des
tensions particulièrement intenses
relativement à sa structure (ou organisation) psychique profonde.
Le poids des facteurs
E (événements vitaux)
x
V (vulnérabilité)
, ainsi que
la structure sous-jacente,
déterminent le pronostic à long terme.
Si la BDA perdure, l'imprégnation délirante par frayage dans la mémoire subjective peut aggraver la vulnérabilité structurale.
Urgence des soins
pour que cette vulnérabilité ne se majore pas et n'entraîne pas, en cas de confrontation ultérieure à un événement aversif, une décompensation plus massive et pérenne,
de type
schizophrénique
pour les sujets présentant une
structure psychotique
de type trouble
bipolaire
pour les sujets présentant une
organisation limite
.
Eléments sémiologiques
Survient chez un sujet
jeune (15-35 ans)
, parfois très brutalement ("coup de tonnerre dans un ciel serein"),
Le plus souvent, on retrouve un
prodrome
(signes
avant-coureurs) de quelques jours avec
insomnie, irritabilité, anxiété, bizarrerie, parfois euphorie (par défense maniaque)
.
Un
automatisme mental
associé à des idées de référence
subdélirantes
(i.e faiblement délirantes) précède souvent pendant plusieurs jours le délire proprement dit.
Les idées de référence recouvrent
le sentiment infondé d'être l'objet
de l'intérêt d'autrui
. Ex: « on a encore parlé de moi au journal de 20h. »
Elles ont souvent une
tonalité persécutive
(les voisins ne cessent de rire de moi) mais pas toujours.
Puis, rapidement, apparaît le
syndrome délirant "d'emblée armé de pied en cap" (Magnan), envahissant tout le champ de conscience avec une forte charge affective et désorganisant gravement le comportement.
Organisation
: non-systématisée.
L'expérience délirante entraîne une adhésion totale, quasi-onirique.
Thématique
: polymorphe.
Erotomanie
Mégalomanie
Persécution
Thèmes délirants de
filiation
(ex : « Je suis le fils de Dieu. »),
Comme les projections persécutives
ou érotomaniaques sont elles-mêmes angoissantes, le sujet est dans un cercle vicieux et ne peut se rétablir spontanément.
de
transformation corporelle
,
de
désincarnation
Dépersonnalisation (altération du sentiment d'identité), déréalisation (sentiment d’étrangeté du monde), déstructuration :
Tous les
mécanismes délirants
peuvent s'associer. Des
intuitions
tentent de contrôler l'angoisse de morcellement, des
interprétations
s'engrènent de façon erratique sur ces intuitions et aggravent l'angoisse, un
automatisme mental
signe souvent l'activité intense de zones de mémoire parasites,
illusions et hallucinations psychosensorielles
reflètent une expérience délirante assez puissante pour commander les perceptions.
Autres points
La dynamique émotionnelle
est bouleversée, en
corrélation étroite avec le délire
: tous les
affects peuvent s'observer, de la
panique à l'extase
, avec une haute variabilité
dans le temps. Les fluctuations thymiques reflètent le
contenu des idées
délirantes
(et, sous-jacentes à ces idées, la pression de l'angoisse de morcellement ou les réactions défensives).
Le
fonctionnement cognitif est perturbé
en raison de la captation de l'attention par le délire mais la
vigilance est en principe normale
.
Le
comportement désorganisé
confirme l'urgence de soins, d'autant que le
retentissement somatique
est rapide en raison de
l’incurie
L'angoisse
est toujours massive avec un
risque de passage à l'acte
auto- ou hétéro-agressif.
Les formes cliniques
sont infinies
excitation et euphorie
évoquant la manie,
désorganisation comportementale
suggérant une confusion.
Ralentissement et tristesse
d'allure mélancolique,
Diagnostics différentiels
Dans la
manie
, l'excitation et l'euphorie prédominent plus nettement
Dans la
confusion,
on observe une altération de la vigilance avec désorientation spatiale
Dans la
mélancolie
, le ralentissement et la douleur morale sont plus constants
L'évolution
Une réaction dépressive peut indiquer une prise de conscience des difficultés
Un élément essentiel du pronostic est
la possibilité de "critique"
par le sujet de
son expérience délirante, càd la
capacité d'élaboration de cette expérience
(par opposition au
déni
), dont une expression concrète est l'investissement d'une
psychothérapie au-delà de la période aiguë
(outre une prise de médicaments conseillée
d'au moins six mois).
L'hospitalisation
et la
prescription de neuroleptiques
(médicaments antipsychotiques) permettent de
contrôler rapidement l'intensité du délire, ==> l'instauration d'une
relation thérapeutique de qualité.
3 évolutions possibles
35%
des cas, des épisodes délirants aigus seront possibles : souvent des épisodes
maniaques ou mélancoliques
s'inscrivant dans un
trouble bipolaire (psychose maniaco-dépressive).
si organisation-limite
25%
des cas, le sujet développera progressivement une
schizophrénie,
c'est-à-dire une psychose persistante non systématisée. (si structure psychotique)
40%
des cas, l'épisode est unique
Le
risque de schizophrénie est élevé si
Le
délire est très hermétique
avec un
retrait affectif
important, évocateur d'un
repli autistique défensif contre l'angoisse de morcellement.
L'évolution est lente
, dépassant un mois, avec une
critique peu élaborée
voire absente.
La
réinsertion
socio-professionnelle ou scolaire — reflet des capacités
d'adaptation et d'échange —
est retardée voire impossible.
Les circonstances
déclenchantes de la BDA sont minimes et que le sujet
présentait des
éléments pathologiques antérieurs
(e.g., personnalité schizoïde) ou des
antécédents familiaux.
La BDA
évolue favorablement à court terme
(environ
un mois), si le sujet est
soigné rapidement.